Franchise : l’avenir lié au financement

Franchise : l’avenir  lié au financement

La Franchise se développe au Maroc. Plusieurs marques sont représentées aujourd’hui dans le Royaume. L’habillement passe au devant de la restauration, handicapée souvent par la chèreté des produits. Dans la dernière étude diligentée par le ministère du Commerce et de l’Industrie, on fait état d’un nombre de franchises qui dépasse allègrement la barre des 150. Mais au-delà de cette effervescence, se pose un problème: le financement.
C’est l’objet de la rencontre qui sera organisée mercredi prochain par la Fédération marocaine de la franchise (la FMF), en partenariat avec le ministère de l’Industrie, du Commerce et des Télécommunications et le Centre régional d’investissements de Casablanca. Au Maroc, il n’existe pas encore de lignes spécifiques dédiées à la franchise. Si une franchise moyenne nécessite en fonds entre 3 et 4 millions de dirhams, trouver des fonds supplémentaires pour le franchisé s’apparente aux douze travaux d’Hercule. Les banques marocaines qui n’ont pas encore cerné la spécificité du secteur exigent plusieurs garanties dont le foncier, lesquelles sont souvent inadaptées au secteur.
Le président de la Fédération marocaine de franchise, Abderrahmane Ouardane, pense que, par rapport à ce problème, des solutions existent en ce qui concerne aussi bien les franchiseurs et les franchisés que ceux qui vendent des franchises maroco-marocaines. Il suffit juste de dépasser les problèmes d’incompréhension entre les différents partenaires. « Les banques doivent prendre la franchise comme une transaction spéciale, une culture d’entreprise où l’enseigne en elle-même est une garantie de succès». En clair, la FMF travaille de concert avec les banques, pour mettre en place des lignes de crédit adaptées au secteur comme c’est le cas partout ailleurs.
Mais aussi, avertit M. Ouardane, d’un autre côté, il faut bien que le franchiseur et le franchisé sachent que la banque ne peut courir qu’un risque maîtrisé !». Ce qui est le cas heureusement au Maroc où la formule de la franchise mérite bien sa définition de « duplication du succès » puisque selon les études faites sur le secteur, le taux d’échec n’y dépasse pas 9 à 10%. «Très correct pour un commerce qui est encore en démarrage». Car, au Maroc, la franchise est toujours à ses grands débuts. Plus de 70% des enseignes n’ont pas encore développé leurs réseaux qui comptent, dans la plupart, de moins de cinq lieux de commerce.
Pour la FMF, l’avenir de la franchise est prometteur dans le Royaume. A condition toutefois d’exploiter d’autres niches, par exemple aider des enseignes marocaines à faire un saut qualitatif et à passer à la franchise, à l’image de Mobilia (enseigne qui commence à s’exporter), de Kitea et de Yatout. Les difficultés de la marque au «Pain Tout Chaud», qui s’était bien lancée dans la franchise avant d’être rattrapée par des problèmes de capital, ne seraient pas liées à la nature de la franchise elle-même.
Pour Mme Rarhib Hasna, chef de projet du Salon sur la franchise prévu au mois de mai prochain, qui mène depuis deux ans un travail de terrain sur les contraintes de la franchise au Maroc, le secteur doit aussi faire face aux contraintes liées au foncier.
Souvent sur les zones de chalandage, le franchisé, qui a dépassé la contrainte du financement, se trouve face à un coût du terrain et du local pouvant atteindre facilement 3 à 4 millions de dirhams. D’où les difficultés pour développer la franchise à travers le Royaume puisque tous les franchisés seront à leur tour confrontés au même problème. Quant au vide juridique qui caractérise le secteur, il est en passe d’être dépassé. La FMF travaille sur un code de déontologie, largement inspiré sur la loi de Doubin qui protège les franchises en France et dans toute l’Europe.
Pourtant malgré tous ces problèmes structurels, les 160 à 170 franchises qui existent aujourd’hui au Maroc engrangent du succès. La demande reste par ailleurs élevée d’où la volonté de la Fédération d’oeuvrer avec les autorités concernées pour arriver à combler un vide juridique qui explique aussi en partie la méfiance des banquiers.

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