High-tech : Haut débit : polémique en Allemagne

High-tech : Haut débit : polémique en Allemagne

Une loi controversée autorisant Deutsche Telekom à restreindre l’accès à son nouveau réseau internet à très haut débit est entrée en vigueur vendredi, ce qui a eu pour effet de doper l’action de l’ancien monopole public des télécommunications. Le ministère de l’Economie a précisé que les principales dispositions de la loi seraient appliquées à partir de samedi, en dépit de l’opposition de la Commission européenne qui menace de traîner l’Allemagne devant les tribunaux si cette loi n’est pas abrogée ou amendée. «Les fournisseurs d’accès ont six mois pour se préparer à de nouveaux changements radicaux, dans la mesure où de nouvelles règles relatives aux numéros de téléphone qui affectent la protection du consommateur n’entreront pas en vigueur avant le 1er septembre 2007», explique le ministère. La concurrence se plaint du fait que cette loi lui barre momentanément l’accès au marché du haut débit. Telekom affirme lui qu’il a besoin de cette protection compte tenu de l’ampleur de son investissement – trois milliards d’euros – dans ce réseau. A Viviane Reding, le commissaire européen aux Médias et à la Société de l’Information qui juge qu’une action en justice contre Telekom est inéluctable, le ministre de l’Economie allemand Michael Glos réplique que le texte de loi est un atout pour l’industrie des télécommunications. «Nous renforçons la confiance du consommateur dans les services électroniques et, ce faisant, apportons notre contribution à l’élaboration de services innovants qui offrent de la valeur ajoutée», dit-il. Theo Kitz, analyste télécoms de Merck Finck, prévoit un conflit de longue haleine entre l’Union européenne et le gouvernement allemand. «Rien n’est encore dit ou fait entre Bruxelles et Berlin», explique-t-il.
Kitz observe que ce nouveau réseau, qui permettra de regarder de la télévision haute définition en streaming et autorisera de multiples connexions simultanées, ne suscite pas spécialement l’enthousiasme. «Quoi que fasse Bruxelles, Deutsche Telekom s’abstient à présent de développer ce nouveau réseau aussi vite qu’il le voulait à l’origine tout simplement parce que la demande n’est pas là», observe-t-il.  Deutsche Telekom avait dit en janvier qu’il poursuivrait son plan de relier 50 villes à son réseau. A la fin 2006, ce réseau dit VDSL était disponible dans 10 agglomérations.
Confronté à une demande médiocre, Deutsche Telekom a dit qu’il pourrait également étendre son offre de télévision par internet, actuellement uniquement disponible via VDSL, dans le but d’accroître ses recettes.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *