Immobilier : Les maux s’accumulent

L’immobilier est l’un des secteurs les plus dynamique de notre tissu économique. Pour preuve, cette branche a pu tirer son épingle du jeu malgré une situation économique morose. Ceci pour la simple raison que les professionnelles opèrent avec des fonds propres.
Cependant, ces derniers manquent de visibilité et d’encouragement de la part des pouvoirs publics et du secteur bancaire. Leur capacité d’investissement se retrouve ainsi amoindrie. Du coup, le gap en matière de logement s’agrandit. Le pays accuse un déficit en matière de logement s’élevant à plus d’un million d’unités.
Chaque année, seulement 45.000 logements sont produits alors que le besoin est de l’ordre de 100.000 habitations. C’est pour discuter des modalités à mettre en oeuvre pour relancer l’investissement dans le secteur afin de lui permettre d’atteindre sa vitesse de croisière, que les professionnels se sont donné rendez-vous le 16 janvier dernier à Casablanca lors de la tenue de la 5ème édition de la Journée Nationale de la Promotion Immobilière. D’entrée de jeu, le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé du Logement et de l’Habitat, Ahmed Taoufik Hjira, a planté le décor. Le tableau qu’il a brossé est plutôt pessimiste : manque de visibilité chez les opérateurs du secteur, manque de courage du secteur banquier, urbanisme anarchique, de larges pans du tissu social n’arrivent pas à se procurer un logement décent… Les maux s’accumulent et « les politiques de l’Etat en matière de logement ont montré leurs limites», indique-t-il. Face à cette situation, tous les intervenants doivent jouer pleinement leur rôle. L’Etat à travers sa politique générale et le secteur par la mobilisation de ses moyens et de ses ressources disponibles », souligne pour sa part Youssef Iben Mansour, président de l’Association des Lotisseurs et Promoteurs Immobiliers de Casablanca. Le décollage du secteur est tributaire de la levée de toutes les contraintes qui bloquent l’investissement. Ces dernières sont liées au foncier et au financement essentiellement. Le poids de la pression fiscale fortement pénalisante n’est pas en reste des entraves que rencontrent les opérateurs. Ces derniers notent que l’offre de plus en plus réduite des terrains entraîne un renchérissement de la charge foncière « alors que les promoteurs, du fait de la concurrence qui s’est installée, doivent mettre sur le marché des logements de meilleure qualité à des prix de plus en plus compétitifs pour être en phase avec la demande », est-il indiqué.
Pour ce qui est du financement, le problème d’une demande solvable se pose avec acquitté.
Les professionnels demandent au secteur bancaire de faire preuve de plus d’audace et lui proposent, dans ce sens, la généralisation de l’octroi du crédit et le rallongement des délais de remboursement. Ce n’est que de cette manière qu’il sera possible « de résorber l’habitat insalubre et permettre à un grand nombre de personnes d’acquérir leur logement », indiquent-ils.
Les opérateurs revendiquent aussi, un rythme plus soutenu de la part des pouvoirs publics. Ils attendent en effet avec impatience la nouvelle réforme sur la fiscalité immobilière et le projet de loi sur la location-acccession. Des doléances qui ne sont pas tombées dans des oreilles creuses puisque le ministre de l’Habitat a souligné qu’il a l’intention de mettre les bouchées doubles pour atteindre l’objectif des 100.000 logements par an. Une stratégie de relance d’envergure est d’ailleurs à l’étude pour relancer l’investissement dans le secteur. Ce dernier entend, entre autres, mettre les mécanismes en place pour concurrencer le logement insalubre à travers la mise sur le marché de logements bon marché pour les couches défavorisées.
En attendant, une convention a été signée lors de la rencontre de Casablanca entre le ministère de l’Habitat et la Fédération Nationale de l’Immobilier. Celle-ci constitue un cadre de partenariat entre les deux parties pour trouver des solutions urgentes aux problèmes de l’immobilier au niveau national.

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