Kounouz biladi MRE : Retard à l’allumage

Kounouz Biladi «MRE» pour les mois de juillet et août accuse un retard d’allumage. Initiée par le ministère du Tourisme avec ses partenaires habituels, l’opération rencontre une réponse mitigée auprès des hôteliers. Au 14 juin, la liste des hôtels participants n’est toujours pas connue. De même, aucune idée sur le nombre d’agences de voyages participantes. Face à toutes ces imprécisions, la date de lancement de cette opération relève du mystère.
D’ailleurs, le ministre du Tourisme, Adil Douiri, aurait piqué une colère noire il y a quelques semaines quand il a assisté à la première présentation.
Les nouvelles du front sont loin d’être rassurantes.
D’après une source bien informée, seuls 78 hôtels (il y avait 126 au printemps dernier), généralement dans la niche des trois étoiles, ont répondu à l’appel. Sceptiques, les opérateurs jugent la programmation tardive. «Il fallait commencer la campagne dès le mois de janvier. Ce n’est pas vers le 20 juin, à l’arrivée au port de Tanger, qu’on essaye de convaincre les MRE de faire leurs choix», déclare une grosse ponte de la FNIH. Comme Agadir, Marrakech oppose une réponse mitigée aux sollicitations ministérielles. En fait, dans la ville ocre, les professionnels ont pris les devants bien avant l’initiative ministérielle. Une brochure régionale «Kounouz Marrakech» est déjà à l’imprimerie. Ce document qui en est à sa deuxième édition rencontre un succès certain auprès des hôteliers.
D’autres part, remarque un professionnel, «avant de lancer une seconde opération, ne devait-on pas faire le bilan de la première. Qu’avons-nous gagner avec Kounouz du printemps ? ». Pour cette campagne, lancée du 1er au 9 avril, la ville d’Agadir s’était fortement mobilisée à l’appel de l’association hôtelière locale. Résultat, la capitale du Souss est venue à la première position avec 26% des nuitées engrangées.
Les opérateurs de Marrakech ne sont pas encore revenus de leur surprise, en découvrant qu’ils viennent en deuxième position en termes de nuitées. «Seuls quatre hôtels avaient pourtant participé», remarque un membre du CRT. Les nuitées enregistrées au titre de Kounouz printemps, soit 22 000, auraient repris, d’après les critiques, les déplacements de l’ensemble des Marocains durant la période allant du 1er avril au 9 mai 2005. Le ministère explique l’engouement rencontré par la coincidence, une première, entre la campagne et les vacances scolaires. Mais, malgré l’annonce de la progression de 50%, les hôteliers ont du mal à se départir de leur scepticisme. «Nous n’avons aucun moyen de vérifier ce que l’on nous annonce», entend-on souvent. Preuve que la mise en place du nouvel Observatoire n’a pas pas encore apporté ce gage de transparence qui manquait tant aux communications du ministère. «Nous assistons à une sorte de marketing politique, des chiffres jetés en pâture aux parlementaires, mais qui ne sont pas assez convaincants », ajoute un parlementaire assez impliqué dans l’actualité touristique nationale.
Ces critiques ne sont pas pour aider l’opération Kounouz destinée aux MRE.
Ailleurs, dans le nord aussi, les réticences sont nombreuses. Les hôteliers de Tanger, interrogés, disent ne pas être au courant de l’opération. En fait, ici, compte tenu de la saisonnalité, les mois de juillet et août sont les seuls où les hôtels sont pleins. «On aurait peut-être accepté cette promotion pour le mois de juin », note le directeur d’un établissement situé en front de mer, et déjà assuré de faire le plein jusqu’en septembre.

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