La couleur locale de la réussite

ALM : Accor Maroc organise un pèlerinage à la Mecque pour 28 de ses plus anciens collaborateurs. Quel sont les motivations d’une telle action ?
Marc Thepot : Il y a, d’une part, le respect que nous voulons témoigner à l’égard de la culture locale. D’autre part, nous avons voulu fédérer tous nos hôtels autour d’une action qui soit portée par toute l’entreprise. C’est le personnel lui-même qui désigne, par tirage au sort, les bénéficiaires. Nous avons également voulu créer un sentiment d’appartenance et c’est la raison pour laquelle nous avons généralisé ce «concours» sur toutes nos structures, y compris les nouveaux hôtels et les Ibis. Toutes les catégories de personnel ont été concernées.
Une façon aussi d’ancrer le groupe dans son environnement?
On est peiné de voir que notre image est celle d’un groupe étranger installé au Maroc. Or, ce n’est pas le cas. Plus de 50% de notre actionnariat est marocain. Sur les 1800 employés de Accor Maroc, seuls 17 sont des expatriés. D’autant que sur les 200 millions d’achats d’exploitation que nous effectuons chaque année, 195 millions sont effectués au Maroc. A cela s’ajoute la nature même de notre clientèle – estimée 350 mille personnes par année- et qui est constituée à une hauteur de 70% de Marocains. Notre management a pour fil directeur la valorisation des traditions marocaines. Nous prônons une politique de développement durable dont l’harmonisation entre notre produit que nous voulons marocain pour des touristes marocains est la carte maîtresse. Une démarche qui a fait ses preuves. Il n’y a qu’à voir nos clubs qui pris d’assaut par les familles marocaines.
Quelles sont les perspectives de développement de Accor pour 2003?
L’année 2003 est l’année de la consolidation, notamment de la chaîne Ibis. Nous ne comptons pas ouvrir de nouveaux hôtels, mais renforcer la structure déjà existante. A commencer par le Sofitel Marrakech où une salle de conférence sera inaugurée le 15 février prochain et où 90 chambres supplémentaires sont en chantier. L’année 2003 sera également une année de la confirmation de notre groupe. Ceci par l’entrée de nos hôtels dans une phase de maturité et la diversification de nos produits. Des projets phares, comme le Casa City Center, qui a mis 6 ans à voir le jour, sont en passe de réalisation. Avec un investissement de 650 millions de dirhams, Casa City Center comprend la construction de trois structures hôtelières à savoir Un Ibis, un Novotel et un Sofitel.
Mais qu’en est-il de la crise qui risque de balayer vos ambitions pour cette année si la guerre contre l’Irak venait à avoir lieu?
Il est vrai que la crise irakienne et la possibilité d’une guerre contre ce pays ne font pas bon ménage avec le tourisme. Nous risquons d’accuser un retard dans la montée en puissance de nos structures, surtout le Sofitel de Marrakech pour lequel nous projetons un taux de remplissage de 50% au lieu des 30% que nous avons enregistré en 2002. Les clubs et l’hôtellerie de luxe risquent également de faire les frais d’un tel scénario. Cela dit, nous avons mis en oeuvre une stratégie qui, si elle ne contribue pas au renforcement et à la confirmation du groupe, aidera au moins à pallier les manques à gagner : chouchouter la clientèle locale par un scénario de conquête, attirer, à l’instar de la Tunisie et de l’Egypte, les touristes du Moyen-orient et nous réorienter vers la clientèle espagnole. D’ailleurs, c’est ce dernier volet qui explique la présence massive de Accor à la Foire internationale du tourisme de Madrid.
On vous reproche d’accuser un retard quant à la mise en oeuvre de votre plan initial de développement. Qu’en pensez-vous ?
Nous avons certes eu un retard de un ou deux ans par rapport à notre plan initial. Sur les 7000 lits annoncés, nous avons en réalisé 3000. Mais quelque 1500 lits sont dans les tuyaux et il faut surtout noter qu’entre 1996, date de la signature de la convention avec l’Etat et cette année, il y a eu le 11 septembre qui a ralenti notre activité. A cela il faut ajouter que de tous les groupes hôteliers, nous sommes les seuls à investir.
Les autres structures se contentent de gérer. La grande différence que nous marquons par rapport à eux, c’est que nous investissons et gérons au même temps, avec tous les risques financiers que cela implique. Il y a aussi le fait que nous sommes durablement installés au Maroc. Nous raisonnons donc à long terme et nous voulons accompagner cette volonté politique de développer le tourisme.

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