La crise irakienne pèse sur les perspectives économiques 2003

De l’avis de plusieurs analystes, les perspectives de l’économie mondiale sont incertaines en 2003 compte tenu de l’incertitude qui plane sur la crise irakienne. Comme ce fut le cas en 1991, l’économie est balbutiante, les prix du pétrole brut fluctuent au-dessus des 30 dollars le baril et l’attente mine le moral des ménages et des industriels, jugent-ils. «L’incertitude est trop forte pour que les investisseurs puissent envisager quoi que ce soit pour l’avenir», relève un spécialiste pétrolier. Et d’ajouter que «la levée de l’incertitude irakienne est un préalable pour un redémarrage de l’économie».
Au niveau de l’Europe, tous les indicateurs laissent envisager que la situation économique est loin d’être au beau fixe. Selon des spécialistes, en France et en Allemagne, la phase de descente se poursuit. Aux Etats-Unis, le rebond spectaculaire attendu par certains analystes n’a pas eu lieu. En 1990-91, la guerre du Golfe a constitué «un accélérateur et non un déclencheur du ralentissement de l’économie », relève pour sa part un analyste de SG Equity Research, Frederic Lasserre, précisant que « ce n’est pas tant la flambée du prix du brut que l’impact psychologique qui a précipité les choses ». Les prix du baril s’étaient envolés jusqu’à 40 dollars –soit quelque 45 dollars au cours actuel du dollar-, en raison de l’arrêt des exportations irakiennes et koweitiennes (quelque 4 à 5 millions de barils par jour). Dès le déclenchement des hostilités, le cours du baril avait dégringolé, «la prime de guerre» étant en grande partie effacée. Six mois plus tard, il s’effondrait à 17 dollars.
La baisse de l’investissement et de la consommation des ménages avait aggravé la situation économique aux Etats-Unis et dans le reste du monde, menant à une récession qui coûta au président américain de l’époque, George Bush, sa réélection en novembre 1992, relève l’analyste de SG. George W. Bush, confronté aujourd’hui aux mêmes problèmes, espère, pour sa part, échapper à ce piège alors qu’une campagne électorale se dessine à l’horizon pour novembre. « Pressé par son entourage d’en finir avec le poids que représente l’incertitude en Irak sur l’économie américaine, il espère régler ce problème de façon spectaculaire et rapide pour que cela donne un coup de fouet à l’économie et au moral des consommateurs américains », estime Frederic Lasserre. Cet analyste relève que les agents économiques ne perçoivent pas que ce conflit va durer longtemps et s’attendent à ce que les prix de brut redescendent à des niveaux raisonnables entre 20 et 25 dollars le baril.
«Ce n’est pas un niveau de nature à susciter un nouveau choc pétrolier », constate-t-il. Selon lui, l’important est que les consommateurs et industriels ne se mettent pas à anticiper une installation des prix à de hauts niveaux de façon durable et modifient leur comportement économique (consommation, épargne, investissement, embauche, décision sur des projets).

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