La grippe porcine face à la crise

La grippe porcine face à la crise

Alors que les marchés croient de plus en plus à la reprise, la grippe A(H1N1) pourrait peser sur l’économie mondiale en provoquant notamment un fort absentéisme dans les entreprises, mais son possible impact reste encore difficile à déterminer avec précision. Le virus A(H1N1) de la grippe porcine a tué quelque 1.800 personnes dans 170 pays depuis son apparition fin mars, d’après les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Et les autorités sanitaires se préparent désormais à une possible montée en puissance cet automne de l’épidémie dans l’hémisphère nord, couplé à un approvisionnement de vaccins au départ «très limité», selon l’OMS. Au vu des incertitudes sur la gravité du virus et sa propagation, les économistes confient avoir du mal à prédire les conséquences de la pandémie sur le rebond économique mondial qui se profile, après la plus grave récession depuis la Seconde guerre mondiale. «L’activité économique paraît être en train de se stabiliser, à la fois aux Etats-Unis et à l’étranger, et les perspectives d’un retour de la croissance à court terme semblent bonnes», a estimé, vendredi, le président de la banque centrale américaine Ben Bernanke. «Dans la mesure où la gravité de la grippe A demeure modérée pour l’instant, nous ne nous attendons pas à un choc d’une magnitude importante sur l’économie», estime Simonetta Nardin, porte-parole du Fonds monétaire international (FMI). «La plus grande menace, c’est le risque de taux élevés d’absentéisme qui pourraient entraîner des dysfonctionnements dans les systèmes financiers-clés», ajoute-t-elle. Les fermetures d’écoles pourraient augmenter l’absentéisme et ainsi faire baisser la productivité sur les lieux de travail. Selon les experts de la Banque mondiale, le coût économique potentiel de la grippe porcine pourrait aller de 0,7 à 4,8% du Produit intérieur brut (PIB) mondial, en fonction de la sévérité de la pandémie. Ainsi, si l’on s’en tient à l’estimation du FMI d’un PIB mondial d’environ 55.000 milliards de dollars en 2009, la grippe porcine pourrait coûter entre 384 milliards et 2.633 milliards de dollars. «En cas de pandémie grave, 70% des coûts économiques seraient causés par l’absentéisme et les efforts déployés pour éviter l’infection», écrivaient en juin les analystes de la Banque mondiale dans un rapport financier. «Les pays en développement seraient les plus touchés, car les densités de population plus élevées, la faiblesse des systèmes de santé et la pauvreté accentueraient l’impact économique de la pandémie», concluaient-ils. Au Mexique, l’économie a fortement souffert de la pandémie de grippe porcine, dont le pays a été le premier foyer mondial en avril-mai. La grippe, qui y a fait 164 morts jusqu’ici, a paralysé les activités de nombreux secteurs, à commencer par le tourisme, troisième source de revenus du pays.

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