La priorité absolue d’Obama et du Congrès

Le plan de relance sera «la première priorité des 100 premiers jours» du nouveau Congrès à majorité démocrate renforcée, a prévenu la semaine dernière lors d’un point de presse le leader de la majorité démocrate de la Chambre des représentants Steny Hoyer. «A moins que nous n’ayons une approche audacieuse, on pourrait voir l’économie continuer à décliner plutôt rapidement et ce n’est pas acceptable pour moi et je ne pense pas que cela soit acceptable pour le peuple américain», a déclaré Barack Obama vendredi au cours d’une conférence de presse. Il s’est refusé à donner des chiffres mais a précisé qu’il était prêt à laisser filer les déficits pour sortir l’économie américaine de l’ornière.
Une fois que l’économie sera relancée il assainira les finances publiques, a-t-il affirmé. Selon la presse américaine, l’équipe économique de M. Obama prépare un plan de relance d’un montant compris entre 675 et 775 milliards de dollars, qui pourrait être porté à 850 milliards de dollars au terme du processus parlementaire. Mais certains journaux ont évoqué jusqu’à 1.000 milliards de dollars de plan de relance. «Oui, nous avons besoin d’un plan de relance pour remettre sur pied l’économie, du moins pour limiter les dégâts», a déclaré à l’AFP Alice Rivlin, économiste au groupe de réflexion la Brookings Institution et ancienne directrice du Budget du président Bill Clinton. «Cela va être une récession très sérieuse et je pense qu’à court terme le mieux que nous puissions espérer est qu’il n’y ait pas d’aggravation. Cela ne va pas s’améliorer rapidement même avec un large plan de relance», a-t-elle ajouté. Après le gros morceau du plan de relance, les démocrates du Congrès entendent notamment boucler la loi de Finances 2009, valider les baisses d’impôts pour les classes moyennes promises par le candidat Obama et s’attaquer à la réforme de la protection santé. Les sénateurs et les représentants du nouveau Congrès qui reviennent en session dès la première semaine de janvier, ne se pencheront réellement sur ces dossiers qu’après avoir bien avancé les travaux du plan de relance. L’objectif est d’avoir un projet de loi prêt au moment de la prise de fonction de Barack Obama à la Maison-Blanche le 20 janvier. Mais le vote d’une telle somme risque de freiner les ardeurs y compris chez les démocrates. «Les démocrates fiscalement conservateurs, dont je suis, seront plus enclins à négocier un plus petit plan de relance», a assuré Mme Rivlin. L’économiste plaide pour «deux plans, voire trois». Selon elle, une première tranche pourrait contenir des dépenses à faire rapidement pour relancer l’emploi, comme par exemple verser de l’argent aux Etats afin de leur permettre de réaliser des réparations sur leurs infrastructures routières existantes et créer immédiatement des emplois. Les infrastructures à créer prendront plus de temps, selon elle. Début 2008, le président George W. Bush avait promulgué un plan de relance de 168 milliards de dollars, adopté à l’arraché par les parlementaires.  Depuis l’explosion de la crise financière aux Etats-Unis en septembre, les leaders démocrates du Congrès ont multiplié les demandes pour un second plan de relance économique se heurtant à une fin de non-recevoir de la part de l’administration Bush.

• Emmanuel Isse (AFP)

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