La RAM face à la hausse du brut

Le carburant constitue le deuxième poste de coûts à la RAM, soit environ 20% des charges. D’où une corrélation étroite entre le niveau des cours et les équilibres économiques de la compagnie nationale; L’envolée du prix du brut intervient alors que Royal Air Maroc aborde une saison marquée par l’arrivée de nouveaux acteurs dans le ciel marocain. C’est également dans une année, où la compagnie entend augmenter son offre de 18%. Sur le plan qualitatif, la productivité des appareils doit s’améliorer de 13%.
Ces ambitions seront-elles maintenues vu la situation actuelle des cours de brut ? Pour le P-dg de la RAM, ce sera difficile. S’exprimant dans les colonnes de «Atlas News», revue interne du groupe Royal Air Maroc, Mohamed Berrada estime que l’exercice 2004-2005 sera très difficile. «On va démarrer dès le départ avec un pétrole à un niveau de prix très élevé.
Ce sera difficile car personne ne sait où va le prix du pétrole, c’est l’incertitude la plus totale». A une moyenne de 50 dollars le baril, l’impact de la crise sur la compagnie sera deux fois plus important que celui enregistré en 2004, soit près de 500 millions de dirhams. Pour 2004, le surcoût engendré par l’envolée du prix du kérozène sera de l’ordre de 270 millions de dirhams. Incidence importante pour une compagnie dont le résultat courant tourne en moyenne autour de 150 millions de dirhams. Face à ces envolées des cours, les compagnies de transport font traditionnellement recours à des opérations de couverture. «Celles-ci, selon M. Berrada, ne sont efficaces que lorsque le prix du baril est aux alentours de 35 dollars». Au-delà et comme c’est le cas depuis le deuxième trimestre 2004, les opérations de couverture deviennent très coûteuses. «D’ailleurs, quelle que soit la stratégie de couverture adoptée, si les prix restent élevés, toutes les compagnies devront payer tôt ou tard un prix cher». Pour affronter ce défi, la RAM a mis en place une surtaxe carburant appliquée sur le prix du billet. Cette mesure adoptée par la plupart des compagnies de transport, ne peut compenser que partiellement l’impact de l’envolée des cours, à peine 20% d’après les estimations du président de la RAM.
L’autre grande option reste la baisse des coûts, «une condition de survie» qui conditionne également la capacité d’autofinancement de la RAM, tout en lui permettant de préserver ses fondamentaux. Au chapitre des mesures prises pour la crise, British Airways avait été la première à ouvrir le bal par une hausse des tarifs. Les low-cost Rynair et Easyjet résistent jusque-là à cette logique tout en multipliant les signaux d’essouflement. La belle page des low-cost est bien sur le point de se tourner sous l’effet conjugé de la concurrence et des aléas du marché. Ce qui n’est pas le cas de la plupart des TO qui suivent de près les variations des tarifs dans l’aérien. Cette envolée brutale des cours du but est qualifiée aujourd’hui de cinquième chevalier de l’apocalypse.

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