La station de Mogador adjugée

Située à 41 kilomètres de la ville d’Essaouira, la station de Mogador et ses 400 hectares, sera-t-elle différente des six autres sites du plan Azur ? A en croire le ministre du Tourisme, c’est une certitude. La situation géographique de cette station joint à un programme d’aménagement où l’on retrouve le balnéaire, le loisir, l’aménagement et le culturel, sont des gages de succès.
Mogador et ses centres d’animations et de loisirs ne connaîtront donc pas les retards rencontrés par la station de « Plage Blanche» à Guelmim et d’El Haouz à El Jadida (toujours en quête d’aménageur), encore moins les incertitudes qui entourent Taghazout à Agadir ?
Ce dont on est pour le moins sûr, c’est que la convention signée avec le Belge Thomas Piron dont le président était présent aux dernières Assises du tourisme de Casablanca, comporte un engagement, côté Etat marocain. Il s’agit, outre un apport de 13,5 millions d’euros, de la mise en place d’une ligne aérienne directe reliant les marchés émetteurs de touristes à Essaouira. C’est indispensable pour la survie de cette station d’un investissement global de 4,2 milliards de dirhams, et dont la capacité prévisionnelle est de 9 000 lits. La convention signée stipule que le consortium franco-belge apportera la moitié de ce budget ; ce qui est une bonne moyenne comparée au plafond de 15% représentant le niveau d’engagement des groupes internationaux dans de tels projets. L’apport de divers promoteurs s’élève à 230 millions d’euros.
Dans le programme d’aménagement retenu par Thomas Piron, chef de fil d’un consortium avec l’Atelier, Risma et Colbert Orco, figure notamment la création de 18 unités hôtelières, des maisons d’hôtes d’une capacité de 5 700 lits, mais aussi, domaine qu’affectionne particulièrement le groupe Thomas Piron, des résidences. Plus de 3000 lits sont prévus à ce niveau, en plus de deux parcours de golf et des espaces de loisirs. Pour rappel, Thomas Piron opère dans la construction de logements résidentiels en Belgique et au Luxembourg. Le groupe assure une moyenne annuelle de construction et de commercialisation de 650 logements avec un chiffre d’affaires de 740 millions de dirhams.
Si le timing est respecté, les constructions sont prêtes d’ici sept ans et demi.
Plus de 3 000 emplois directs (15.000 indirects) résulteront de ce projet. D’une manière générale, l’ensemble des six stations du plan Azur obéissent tous à des facteurs déterminants, à savoir la proximité avec une zone aéroportuaire et un plan de répartition équilibré à travers le pays. L’Etat se chargera, dans les différentes stations, d’équiper les terrains en infrastructures hors site et de veiller à l’application des cahiers de charges.
Parmi les six stations à avoir trouvé aménageur, celle de Saidia, située dans l’Oriental, est l’une des plus importantes. Concédé à l’unique candidat ayant répondu à l’appel à manifestation d’intérêt pour l’aménageent, Fadesa Maroc, filiale du groupe espagnol Fadesa, cette station s’étend sur une superficie brute de 614 hectares avec une capacité totale de 27 544 lits. Le programme d’aménagement comprend 8 hôtels, 6 villages de vacances, 7 résidences touristiques, un port de plaisance et 3 golfs, ainsi que des zones sportives, d’animation et de loisirs.
Comme Thomas Piron, Fadesa est un groupe d’abord connu dans l’immobilier. C’est le premier groupe de promotion immobilière en Espagne, avec plus de 30 000 opérations dans ce pays. Les activités de Fadesa au Maroc remontent à la fin 2001 avec un projet de 1543 logements à Rabat. Il s’agit du lotissement Jenane Ennahda remporté suite à un appel d’offres international lancé la même année. Les projets de Fadesa au Maroc bénéficient du soutien des groupes financiers Morgan Stanley et Caja Espana..
Dans le contrat programme 2010, le plan Azur est un levier essentiel. Les prévisions pour les six stations tablent sur 100 000 lits supplémentaires. Comme l’a souligné le président d’IPK à l’occasion des dernières Assises du tourisme, le Maroc aura à faire plusieurs choix dorénavant, notamment en matière de commercialisation et de promotion.
Car, l’arrivée en masse des lits sur le balnéaire, qui symbolise le tourisme de masse, pourra difficilement faire ménage avec l’image d’un produit marocain, d’abord culturel et perçu de ce fait comme un produit de qualité. La question se posera de plus en plus dans les années à venir, même s’il faut d’abord, dans l’immédiat, avant de chercher des réponses, trouver d’abord aménageur à toutes les stations. Ce qui n’est pas une sinécure.

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