Laila Miyara : «Notre objectif est de siéger dans les différentes commissions oeuvrant dans la régionalisation avancée»

Laila Miyara : «Notre objectif est de siéger dans les différentes commissions oeuvrant dans la régionalisation avancée»

ALM : Comment voyez-vous l’AFEM sous votre présidence ?
Laila Miyara : Nous vivons dans un contexte économique et politique très complexe. L’ère est au changement, notamment avec l’avènement d’une nouvelle Constitution et d’un nouveau gouvernement dont on doit accompagner la vision et les programmes et s’adapter aux politiques économiques qu’il engage. L’AFEM doit et plus que jamais saisir cette opportunité, opérer une transformation qualitative et prendre un positionnement fort pour accompagner les chantiers de notre pays et faire contribuer les femmes à l’essor du Royaume. Nous devons suivre les tendances pour prendre notre envol, créer de la valeur ajoutée et de la richesse et participer efficacement au développement socio-économique de notre pays qui a décrété la parité comme un droit.

La CGEM compte également une femme à ses commandes. L’union fait la force, n’est-ce pas ?
La présence de Mme Bensalah à la tête de la CGEM est salutaire et valorisante. Une femme d’exception et de grande valeur qui certainement marquera l’histoire de la CGEM et impactera positivement le devenir de l’AFEM. Pour rappel, Mme Bensalah est l’une des membres fondatrices de l’AFEM et a longtemps siégé dans son conseil d’administration. La vision de l’AFEM s’inscrit parfaitement dans le programme actuel de la CGEM qui ambitionne de réhabiliter et de libérer l’acte d’entreprendre. Nos instances sont complémentaires et vont œuvrer sans relâche, dans le sens de créer davantage de synergies au niveau national et régional pour consacrer le rayonnement et le progrès de l’entrepreneuriat.

Sur quels points repose votre stratégie?
Notre objectif est double car nous souhaitons faire de l’AFEM un modèl d’excellence, une plateforme de performance au service du développement des femmes entrepreneurs et ensuite devenir un acteur incontournable dans le développement du Maroc. Notre stratégie s’inscrit dans le changement et dans la continuité des efforts qui ont été engagés par mes prédécesseurs, auxquels je tiens à rendre hommage au passage. Ainsi, nous allons consolider les acquis et œuvrer à les adapter aux impératifs des mutations actuelles. Aujourd’hui la concurrence est rude même entre les associations, et nous devons nous atteler pour fédérer un grand nombre de membres et de partenaires. Nous sommes dans l’obligation de répondre à leurs attentes et aux impératifs de leur pérennisation.

Comment comptez-vous atteindre ces objectifs ?
Tout d’abord en améliorant les services aux membres et en renforçant notre communication interne et externe. Nous déploierons également un arsenal de mesures transversales. A commencer par la création d’un guichet unique qui permettra d’informer nos adhérentes, les orienter et les faire bénéficier des avantages accordés par tous les programmes et stratégies nationaux. Une cellule de veille va les accompagner et jouera le rôle de relais pour faciliter toutes leurs démarches. De même, nous orienterons les porteuses de projets dans nos incubateurs ainsi que nos entreprises membres vers l’innovation en créant des alliances avec les cités de l’innovation et en nous appuyant sur les programmes de Maroc innovation. Nous souhaitons également créer des pôles régionaux de compétitivité tout en tenant compte de la spécificité de chaque région de notre pays.

Qu’en est-il de la régionalisation ?
Nous appelons au renforcement de nos bureaux régionaux pour les hisser au rang de l’excellence à travers le déploiement de tous nos projets phares. Nous entendons renforcer les incubateurs régionaux pour booster l’entrepreuneuriat féminin et encourager la création de synergies entre les différentes régions pour capitaliser les bonnes pratiques et mutualiser les success stories. Les bureaux régionaux doivent être dynamisés et avoir un rayonnement national. De même, nous nous fixons comme objectif de siéger dans les différentes commissions œuvrant dans la régionalisation avancée. Nous voulons nous positionner en amont pour participer à ce débat national. De là découle notre quatrième objectif qui est l’amélioration de la représentativité de l’AFEM au niveau des pouvoirs de décision. Nous espérons que l’AFEM puisse jouir d’un pouvoir d’influence en siégeant dans les conseils d’administration des institutions publiques et privées. Nous souhaiterons améliorer la gouvernance des entreprises membres et les faire adhérer au label RSE.

Et qu’ambitionnez-vous à l’échelle internationale ?
L’AFEM compte aujourd’hui plus d’une quarantaine de partenaires à l’échelle internationale et est membre de plusieurs réseaux internationaux, notamment dans la région Mena. On peut dire que notre association a gagné en image et en notoriété surtout que c’est la première association féminine certifiée ISO 9001 depuis 2008. Comme nos membres veulent explorer de nouveaux marchés, nous allons continuer à chercher de nouvelles alliances. Notre priorité est de les faire participer dans les caravanes d’affaires dans les pays du Nord ou du Sud et dans les missions B to B pour échanger les expertises et s’inspirer des success stories de leurs homologues.

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