L’Allemagne sur le chemin de la récession

Croissance négative au quatrième trimestre 2002, selon la banque centrale allemande, suivie d’un démarrage laborieux en 2003, d’après une majorité d’économistes : l’Allemagne semble prendre le chemin de la récession pour la deuxième fois en deux ans.
En admettant que le Produit intérieur brut (PIB) allemand pourrait avoir reculé au quatrième trimestre 2002 par rapport au trimestre précédent, la Bundesbank a ravivé le spectre d’une récession technique : une succession de deux trimestres de croissance négative, à l’instar de ce qu’a connu l’Allemagne au deuxième semestre 2001. C’est du moins l’avis des nombreux analystes qui tablent sur un nouveau recul du PIB allemand pour les trois premiers mois de cette année.
Elga Bartsch et Annemarieke Christian, de Morgan Stanley, attendent ainsi « une mini-récession au quatrième trimestre 2002 et au premier trimestre de cette année », tandis que Guilhem Savry, de CDC Ixis, n’hésite pas à intituler une récente note d’analyse : Allemagne: récession à l’horizon. Stagnation mais pas de danger de récession, réplique la Bundesbank, qui, tout en s’inquiétant de deux années de quasi stagnation, martèle que « l’économie allemande va se reprendre au cours des premiers mois de 2003. Une prévision trop optimiste selon Guilhem Savry, qui affirme: « Les fondamentaux nous apparaissent trop fragiles pour éviter à l’Allemagne une nouvelle récession » Et de pointer du doigt la montée du chômage, qui culmine actuellement à ses plus hauts niveaux depuis cinq ans, ou la situation problématique des banques allemandes, de plus en plus réticentes à accorder des crédits.
Alexandre Bourgeois, de Natexis Banques Populaires, s’inquiète quant à lui de l’effondrement de la consommation, tout comme Holger Fahrinkrug d’UBS Warburg qui prévoit un recul de la demande des ménages dans les mois qui viennent, en raison du chômage et des hausses d’impôt qui pèsent sur le pouvoir d’achat. La banque centrale allemande dénonce de son côté des handicaps «faits maison», tels que la rigidité du marché du travail et « la forte pression fiscale. Un état des lieux d’autant plus inquiétant que le seul moteur actuel de l’activité allemande, le commerce extérieur, a désormais des ratés.

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