Le degré zéro de la recherche

Les études se multiplient sans pour autant aboutir à des actions permettant de rectifier le tir. C’est une spécificité disons…marocaine. Rares sont, en effet, les enquêtes menées par les pouvoirs publics avec la contribution des institutions internationales qui ont changé en profondeur le cours des choses. Passée cette entrée en la matière, revenons au vif de notre sujet.
La dernière enquête menée conjointement par le ministère de l’Industrie et du Commerce et la Banque Mondiale auprès de 856 entreprises industrielles. A la lecture de ses conclusions, un premier constat s’impose : l’âge d’or de l’investissement privé dans l’industrie tire à sa fin.
C’est une tendance lourde que connaît l’économie marocaine qui, il faut reconnaître a raté le rendez-vous de l’industrie. Il nous reste alors celui des technologies de l’information et de la communication. En attendant, l’étude relève que le taux de croissance des investissements privés au Maroc a enregistré un ralentissement annuel moyen de 3,7% au cours de la décennie 1990-2001.
Dans le secteur manufacturier, la croissance a accusé une baisse de 2%, soit une moyenne annuelle de 3,5% du PIB. En matière de compétitivité macro-économique, les structures manufacturières notamment le textile et l’habillement, la productivité du travail est presque la même qu’en Chine et supérieure à celle de l’inde, constatent les auteurs de l’étude. L’enquête précise par ailleurs, que les salaires dans les entreprises marocaines sont environ deux fois plus élevés qu’en Chine et quatre fois plus élevés qu’en Inde, lorsqu’ils sont comparés au taux de change du marché international, avance l’enquête.
Sur ce point, on ne peut pas s’empêcher de s’interroger sur les raisons qui ont poussé les auteurs de l’étude à comparer le Maroc avec ces deux pays ? D’emblée, le comparatif n’a pas lieu d’être, si l’on en juge par les performances économiques de ces pays par rapport au Royaume. Toujours en matière de compétitivité, la stagnation des exportations et l’appréciation du taux de change réel démontrent clairement que le Maroc a un problème de coût de la main-d’oeuvre, relève l’étude. «Depuis 1990, il y a eu une appréciation constante du taux de change effectif réel estimée en général à 22% entre 1990 et 2000».
Selon les résultats de l’enquête, un grand nombre des pays en développement qui vendent leurs produits sur les mêmes marchés que le Maroc ont subi des dévaluations réelles, au moment où le taux de change réel dans le pays s’est apprécié de 42% par rapport à la Chine et de 64% par rapport à l’Inde dans la dernière décennie. Mais là où le bat blesse, c’est au niveau de la participation des entreprises marocaines à la recherche et au développement. Celle-ci frôle presque le taux zéro, constate l’étude, alors qu’en Thaïlande, les entreprises réservent 6% de leurs ventes sur la recherche scientifique. 9% des industries marocaines sont certifiées Iso 9000 ou sont en cours d’homologation. Un sérieux handicap qui ne laisse pas place à l’optimisme affiché dans les discours des opérateurs économiques.

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