Le HCP définit les défis de la vision 2020

C’est aujourd’hui que le Haut commissariat au Plan présente son rapport tant attendu sur la prospective 2030 sur le tourisme. Intitulé «Quel tourisme pour le Maroc », le document permet sur la base de  chiffres et d’indicateurs concrets de mesurer le chemin parcouru depuis 1921 avec la création du premier hôtel de luxe (La Mamounia) à Marrakech, de passer en revue  le contrat-programme 2010 et, au delà, d’établir des scénarios pour le futur. Pour le HCP, l’an 2000 a vu arriver au Maroc près de 4 300. 000 non résidents dont 2.275.000 touristes étrangers et a enregistré 22,3 millions de nuitées, dont 50% dans les hôtels classés. Cinq ans plus tard, l’on dénombre 5,8 millions d’arrivées de touristes. Aux yeux des rédacteurs du rapport, le plus important durant cette période aura été l’augmentation du volume du tourisme étranger de séjour, lequel a atteint 3 millions d’arrivées.
Le taux de croissance sur la période 2000-2005 était de 5,6% contre un taux prévisionnel de 14%. Autre indication, le taux d’accroissement annuel moyen des nuitées du tourisme récepteur n’a connu qu’une faible amélioration de 1,7% par an, alors que la capacité hôtelière a cru d’au moins 5%. «A la lumière des résultats enregistrés, il s’avérerait judicieux de veiller dès à présent à l’adéquation de la croissance quantitative et qualitative de l’offre touristique» suggère le HCP qui note au passage, un indice de compétitivité touristique défavorable par rapport à un certain nombre de pays.
Fort de ce diagnostic, l’étude décline les tendances pour le tourisme en 2030. La demande des services touristiques stimulés par le développement d’un ensemble de technologies constitue la toile de fond du tourisme de demain. Parallèlement, l’on assistera d’ici là à l’émergence de nouveaux marchés émetteurs, notamment la Chine, la Russie et l’Inde. La transition démographique fera que la part des personnes âgées dans la demande touristique va augmenter. Par ailleurs, le phénomène de globalisation, né de l’introduction du système de change à taux variable et de la libéralisation des mouvements de capitaux, ne sera que plus accentué en 2030. Par rapport à ces changements, le tourisme marocain est appelé à changer. La saturation attendue du tourisme «plage-soleil » sur la Costa Del Sol espagnole et aux Iles Canaries poussera à une certaine délocalisation du tourisme espagnol vers le Maroc. La réduction des coûts de transport aérien et l’amélioration du réseau d’autoroutes entre l’Espagne et le Nord du Maroc accentuera la tendance.
Le rapport note trois types  des menaces contournables. L’une, du côté de la demande, concerne les effets du terrorisme et de la violence (sachant que le Maroc se trouve dans une zone géostratégique très conflictuelle)  et les autres, du côté de l’offre, concernent la capacité de financement des investissements et les contraintes sur les ressources naturelles. Pour contourner la problématique de financement, le rapport suggère l’appel aux nouvelles méthodes de partenariat public-privé permettant d’appeler l’épargne globalisée pour financer des projets d’intérêt national.
Entre-autres, des emprunts auprès de la Banque mondiale, des formules de péage dans l’ombre, des concessions de gestion, des BO, l’appel aux fonds de pension. Etc…Sur les ressources naturelles, le risque trouve son pivot central dans le problème de l’eau. D’où la nécessaire amélioration des moyens de retraitement des eaux usées d’intérêt (terrains de golf par exemple) et la gestion des eaux urbaines.
Autant de questions à intégrer en définitive dans tout schéma d’élaboration de la Vision 2020.

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