Le marché : Jugement hâtif

D’aucuns attestent que notre pays a réalisé de grandes avancées dans les domaines du respect des droits de l’homme, de la liberté de la presse, de la lutte contre la corruption et de l’apaisement des tensions ethniques. Ces avancées sont patentes et nul doute y en a sur l’efficacité des différentes démarches entreprises. Si ratio de mesure y en a, le taux dépasse de loin la moyenne atteinte par d’autres pays à niveau de développement comparable.
Les nouveaux critères retenus par l’un des plus puissants gestionnaires de fonds de pension américain, Calpers, pour exclure notre pays de la liste des économies où il investira ces fonds, ne concernent-ils pas que la communauté des intervenants sur notre marché boursier ? A en croire les propos de quelques initiés, nous ne pouvons que soutenir cette hypothèse. Faisant le point.
Corruption. Les initiés confient qu’elle prenait la forme de cadeaux de fin d’année. Pour qu’ils profitent des meilleures opérations, quelques clients n’hésitent pas à offrir des cadeaux dont la valeur est démesurée. Ils affirment que la situation est d’autant plus flagrante que le gendarme du marché a inséré une clause dans sa circulaire 07/2001, interdisant de recevoir de la part des clients, des cadeaux autres que ceux d’usage de peu de valeur.
Tensions ethniques. Ils sont plusieurs à souffrir de la solidarité excessive de certains individus. Ceux-ci se partagent tous les privilèges et les belles affaires, et n’affichent aucun scrupule à en profiter pleinement.
Respect des droits de l’homme. Un fait récent, que nous a confié un cadre d’une grande banque d’affaires de la place, reflète merveilleusement bien, que mille commentaires, l’irrespect de ces droits. Deux cadres se bagarrent sans raison apparente sur le lieu de travail. L’un écope d’une mise à pied d’une semaine et n’a plus droit à sa prime de fin d’année. L’autre ne se voit infligé aucune sanction. Passons.
Liberté de la presse. Pendant longtemps, les médias n’étaient pas en mesure de refléter les pratiques qui sévissaient dans les milieux fermés de la communauté boursière. A quelques exceptions près, peu des grands scandales ont été médiatisés. L’affaire Diwan en est l’exemple parfait. Aujourd’hui, la donne change difficilement. Une nouvelle génération de journalistes s’intéressent de près à ce qui se passe réellement dans ces milieux même si l’opacité est toujours de mise.

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