Le marché : Lamentable

Il n’y a aucun doute. Nos gestionnaires et faiseurs de marché ne manquent pas seulement d’imagination mais aussi d’audace. Au moment, où des petits porteurs continuent de crier au scandale et dénoncent la démarche entreprise par la Société Générale et le groupe ONA, un gestionnaire de la place intervient dans la presse juste pour leur redire ce qu’ils savent déjà. Nous l’avons déjà souligné : les choses dites et redites ne plaisent plus. Il faut agir. Ses déclarations n’apportent rien de novateur. Notre gestionnaire espère que la Société Générale fera profiter, et les gestionnaires et les petits porteurs, de son offre. Il se désole par la même occasion du vide juridique qui permet encore à un investisseur de procéder de la sorte.
Il apparaît bien à la lecture de ces propos que notre cher gestionnaire est profondément empreint d’une littérature qui a fait son temps : «nous nous faisons plus naïfs que ne le sommes, cela nous repose de nos contemporains», disait Nietzshe. En d’autres termes, dire ce qui est dit par tout le monde pour éviter la colère des «dieux» au risque de se trouver hors compétition. D’autant plus, que c’est le début de l’aventure.
Ce silence déguisé des braves ne mènera, à ce qu’il paraît, nulle part, sauf à une perte totale et définitive de la confiance des petits investisseurs dans le marché boursier de Casablanca. La communauté boursière garde ses distances par rapport à une affaire qui la concerne directement. Ni les associations professionnelles, ni leurs leaders, ne veulent se hasarder sur la question. Ils préfèrent toujours croiser les bras et sombrer dans une attitude passive. D’aucuns qualifient cette situation de lamentable.
Il est vrai que les deux groupes ONA et la Société Générale agissent dans la limite de la légalité, mais il y a d’autres alternatives. L’opération de rachat de la «Marocaine Vie» par la Société Générale était un succès total. On se demande aujourd’hui, qu’est ce qui empêche de réitérer la même expérience du moment que tout le monde y a trouvé son compte. Il faut agir de sorte à contraindre et les autorités de tutelle et les deux groupes à prendre en considération ces réactions du marché avant qu’il ne soit trop tard et rater ainsi, encore une fois, un autre rendez-vous.
Pour le moment, seuls des petits porteurs, épargnants et spéculateurs, réagissent pour affirmer qu’il existe encore des boursicoteurs qui croient en la place casablancaise et à son développement. Les intervenants du marché, eux, ne se sentent même pas concernés.

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