Le marché : On ne peut mieux faire !

Il semble que les choses dites et redites ne plaisent plus à personne. Les trésoriers, les gestionnaires et les chargés de placements des liquidités de la place ont beau dire et redire que les produits financiers offerts sur notre marché de l’argent sont peu diversifiés. Ils stipulent qu’ils ne peuvent animer le marché juste pour l’animer. Pour eux, ce n’est qu’en dégageant des bénéfices qu’une entreprise continue d’exister. L’évidence même.
Les intervenants financiers et les pouvoirs publics reprochent toujours aux institutionnels, qu’ils soient petits ou grands, leur manque d’implication dans le processus de dynamisation des marchés de capitaux. Mais c’est oublier que peu d’actifs financiers répondent réellement à leurs contraintes de gestion. L’innovation financière reste peu poussée, que ce soit dans le cas des produits financiers développés sur le marché obligataire ou sur le marché boursier.
Pour le marché boursier, les analystes financiers affirment que le placement en actions n’est intéressant, actuellement, que sur le long terme. Ce qui fait que plusieurs entités, financières ou pas, hormis leurs participations stratégiques dans différentes entreprises, ne peuvent y investir puisque la gestion de leurs trésoreries implique des interventions sur des produits à court terme. La gestion « coup par coup » d’un portefeuille d’actions suppose un suivi régulier du marché et des techniques qui font défaut. Du moins, pour le moment.
S’agissant du marché obligataire, l’absence d’un vrai marché secondaire des obligations pousse les gestionnaires à des placements dont les maturités sont les plus liquides. L’objectif étant de trouver des acquéreurs au moment opportun. Les seuls titres obligataires qui répondent à ce choix d’investissement sont pour l’heure, les bonds de trésor. Cela est-il suffisant pour animer tout un marché?
Vue de près, l’attitude des gestionnaires peut paraître légitime. Mais, il ne faut pas perdre de vue que la diversification des actifs financiers ne peut relever que des initiatives des institutions financières de la place. Elle doit dépendre d’une coopération à grande échelle entre l’Etat, les institutionnels et les établissements financiers.
Il faut admettre que jusqu’à un passé très récent, les produits financiers répondaient amplement aux besoins des trésoriers dont la logique n’était pas de nature spéculative.

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