Le marché : Sous le signe de la reprise américaine

Une bonne nouvelle n’arrive jamais seule. Les marchés ont été littéralement inondés de statistiques macroéconomiques encourageantes. L’Amérique mène le bal. Qu’on en juge ! Les activités manufacturières et les services ont littéralement flambé, atteignant des niveaux inconnus depuis 18 mois.
Le chômage a baissé, la productivité a progressé, la consommation résiste bien. Et, pour couronner le tout, le Livre beige est venu confirmer la bonne santé de l’économie américaine. Nul ne doute que le rebond de l’économie européenne ne suive dans les trois mois qui suivent. Cette semaine, le Dow Jones s’est adjugé plus de 2% et le Nasdaq 7%. L’ Europe – les frayeurs de l’enronite se sont évaporées – est d’une étonnante indulgence avec les sociétés qui nettoient leurs bilans, les bourses y saluant par des salves d’augmentation les cours de société qui, tel Vivendi Universal, avouent des pertes «comptables» de plus de 13 milliards d’euros, soit l’équivalent de la capitalisation boursière de Renault ! En tout cas, les résultats des sociétés européennes pour 2001 sont meilleurs que prévus. Le CAC 40 réalise un gain hebdomadaire de plus de 3% et le Footsie de 2,26%.
Mais, la palme de l’optimisme revient à Tokyo où semble-t-il le plan de relance de Koizumi commence à être pris au sérieux. Le Nikkei s’est offert une incroyable envolée de 10%. Cette embellie boursière est confortée par une analyse plus fine du comportement des acteurs majeurs du marché. C’est la première fois depuis longtemps que les achats de technologiques par les fonds institutionnels ont dépassé ceux des hedge funds, plus spéculatifs.
L’analyse technique confirme que les TMT sont enfin sorties de leur canal baissier. Mais prudence tout de même, le phénomène est encore trop récent. Comme toujours, les phases de reprise sont favorables aux TMT et aux valeurs cycliques qui signent souvent des rebonds hebdomadaires à deux chiffres. Les valeurs financières et les assurances, dont la prospérité est en partie tributaire de la bonne santé des marchés financiers, ne sont pas du reste. Sont par contre victimes de l’inévitable rotation sectorielle, les valeurs défensives pharmaceutiques et agroalimentaires.
Beaucoup d’économistes tempèrent ce vent d’optimisme en mettant en avant leur scénario de reprise en W, c’est-à-dire d’une reprise brutale suivie d’une chute tout aussi brutale. Ils basent leur raisonnement sur le fait que l’actuel rebond de la croissance serait dû au déstockage des entreprises qui semble aujourd’hui se stabiliser. Pour que la reprise soit durable, le relais devrait être pris par les investissements des entreprises et une vigueur soutenue de la consommation. Ces économistes attribuent, en outre, la plus grande profitabilité des entreprises, aux réductions d’effectifs drastiques de 2001. Dernière raison, enfin, qui incite à la prudence : les valeurs américaines et européennes sont correctement valorisées. C’est la raison pour laquelle Merryl Lynch conseille de surpondérer le Japon et les marchés asiatiques.

Par Raphaël Mergui

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