Le sécuritaire prend le dessus

Un vent d’inquiétudes a soufflé sur la conférence ministérielle réunissant les pays l’Union Européenne et ceux du sud de la Méditerranée (Euromed) dont les travaux ont pris fin aujourd’hui à Valence. Imprévisible, l’absence du Liban et de la Syrie n’a pas pour autant arrangé les choses. Les responsables de ces deux pays justifient ce boycott par la participation d’Israël. Il faut reconnaître que la montée de la violence au Proche-Orient pèse lourdement sur l’édition de Valence. Les pays européens ont tenté de rapprocher les positions des uns et des autres pour trouver une solution à ce conflit.
Au-delà de cette priorité, les 27 ministres des Affaires Etrangères des pays membres du partenariat Euromed tenteront d’adopter un plan d’action pour relancer le processus de Barcelone lancé en novembre 1995.
Qu’en est-il alors de l’aspect économique et financier ?
A ce sujet, le programme sera dominé par les questions liées notamment aux investissements et au rôle attribué au secteur privé. Plusieurs observateurs s’attendent pourtant à des décisions de taille qui remettent en cause les objectifs tracés par les promoteurs de l’Euromed. Il s’agit à titre d’exemple de l’éventuel rejet du projet de création d’une banque euro-méditerranéenne d’investissement. Cette banque devrait en principe faciliter l’attribution des crédits pour les pays du Sud pour assurer leur mise à niveau économique. L’Union Européenne revient-elle sur ses engagements pour la construction d’une Méditerranée riche ?
Pour l’heure, la création d’une assemblée parlementaire, le lancement d’un programme de financement de la coopération judiciaire et sécuritaire et la préparation d’une conférence sur l’immigration en 2003 constituent les dossiers prioritaires que l’UE défend à la conférence de Valence.
On s’inquiète aujourd’hui sur la détermination de l’Union pour la mise en place de la zone de libre-échange avec les pays du sud de la Méditérrannée. Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer la politique européenne vis-à-vis des pays du pourtour méditerranéen. Pour les portes-paroles des courants anti-mondialisation, la seule manière d’obtenir la sécurité c’est l’investissement. Il semble aujourd’hui que les pays de l’Union ont d’autres priorités.
Rappelons que l’Union Européenne et 12 pays méditerranéens ont souscrit à ce partenariat en 1995 (Déclaration de Barcelone). Celui-ci établit un cadre de relations politiques, économiques et sociales.
Les quinze pays de l’UE et leurs douze partenaires (Algérie, Palestine, Chypre, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie) se sont fixés trois grands objectifs : la définition d’un espace commun de paix et de stabilité par le renforcement du dialogue politique et de sécurité (volet politique), la mise en place d’un partenariat économique et financier et l’instauration progressive d’une zone de libre-échange d’ici 2010 et le rapprochement entre les peuples et les échanges entre les sociétés civiles (volet social, culturel et humain). Sur le plan bilatéral, l’Union négocie avec les pays méditerranéens des accords d’association qui constituent l’instrument principal du partenariat.
Pour le cas du Maroc, on en est-on aujourd’hui ? Il faut préciser que le royaume est l’un des principaux bénéficiaires du financement de l’Union Européenne par l’intermédiaire du programme Meda. Pour l’année 2001/2002, le royaume devrait bénéficier de 260,6 millions d’euros. Ce montant devrait être utilisé dans les domaines liés à la modernisation des juridictions, à l’ajustement du secteur financier, de la santé et celui de l’eau. Au menu également, le renforcement de l’équilibre socioéconomique à travers l’attribution d’un fond dédié au développement rural à Khénifra et à la gestion des déchets solides urbains à Essaouira.
Pour plusieurs opérateurs économiques, l’Euromed est loin d’atteindre les objectifs fixés au départ. Selon eux, le processus de Barcelone n’a pas abouti à une véritable dynamique économique. On demande même la révision des programmes économiques et financiers. L’Union Européenne certes voulue introduire une nouvelle approche favorisant la mise à niveau des PME-PMI marocaines mais sans succès.
Une chose est sûre : les fonds Meda profite davantage au public qu’au privé. Une telle approche suscite la colère de plusieurs opérateurs qui ne comprennent pas les raisons d’un tel choix. Malgré les déclarations de bonnes intentions des Européens et du gouvernement marocain, les entreprises n’ont pas été impliquées dans les programmes MEDA I et Meda II.

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