L’économie devrait booster l’emploi au Maroc

L’économie devrait booster l’emploi au Maroc

 Rapport semestriel de suivi de la situation économique au Mena

Malgré un recul prévu de la croissance globale de la région Mena sous l’effet d’un ralentissement des économies des pays exportateurs de pétrole, les pays importateurs de pétrole devraient afficher de meilleurs résultats et connaître une croissance de 3,5% en 2017 alors qu’elle n’était que de 2,9% l’année précédente.

«Le système éducatif au Maroc n’est pas adapté au marché de l’emploi». Le rappel poignant fait, lundi soir à Rabat, par Abdallah Saaf, lors de la présentation du rapport semestriel de suivi de la situation économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (Mena), est censé donner lieu à davantage de réflexion autour de la réforme du secteur éducatif. L’ex-ministre de l’éducation, politologue et chercheur associé à l’OCP Policy Center, collaborateur à ce rapport lancé par la Banque mondiale, n’hésite pas à établir des liens entre l’économie et l’éducation. «Lorsque l’économie est en bon état, cela se répercute sur le système éducatif, notamment l’emploi», précise-t-il sans prendre l’enseignement pour une baguette magique. «L’éducation n’est pas une solution à tous les problèmes dans la société», tempère M. Saaf à propos du pays qui, selon Fathallah Oualalou, ex-ministre de l’économie et des finances et chercheur associé à l’OCP Policy Center, «compte à son actif des réformes politiques, sociétales et économiques». «Le développement ne peut avoir lieu sans interférence entre le secteur public et privé», enchaîne M. Oualalou dont les propos autour du secteur public sont entérinés par l’ex-ministre de l’éducation. «Le rôle de l’Etat demeure principal en enseignement», estime M. Saaf.

Ce qu’il en est dans la région Mena

«L’instabilité dans la région et les problèmes de sécurité en Tunisie et Egypte ont eu un impact négatif sur l’économie et le tourisme dans ces pays», rappelle Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour la région du Mena, en précisant que le taux de croissance a baissé dans ces pays où le taux de chômage demeure en hausse.

Dans ce sens, il cite la réforme de la libéralisation du prix de change en Egypte qui a eu un impact rapide sur les investissements qui s’est manifesté par une inflation.

Aux yeux de Shanta Devarajan, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Mena, «les réformes doivent être notamment sur le plan économique». «Il faut construire des institutions qui représentent le peuple», ajoute-t-il. Dans d’autres pays comme la Syrie, la situation est «catastrophique» selon Massa Mufti, co-fondatrice et présidente du Groupe Sonbola pour l’éducation et le développement, qui rappelle que seulement 30% des jeunes intègrent l’enseignement secondaire de par les attaques que subissent les écoles.

Chiffes-clés du rapport

La région Mena, en proie à la guerre et à la violence et dans un contexte marqué par les faibles cours du pétrole, verra, selon le rapport, son taux de croissance fléchir de 3,5% en 2016 à 2,6% en 2017.

Cependant, la situation devrait sous l’impulsion des réformes en cours s’améliorer légèrement après 2017 et la croissance pourrait dépasser 3% en 2018 et 2019. Malgré un recul prévu de la croissance globale de la région sous l’effet d’un ralentissement des économies des pays exportateurs de pétrole, les pays importateurs de pétrole devraient afficher de meilleurs résultats et connaître une croissance de 3,5% en 2017 alors qu’elle n’était que de 2,9% l’année précédente.

Le rapport attire quand même l’attention sur certains signes encourageants de reprise dans certains pays, notamment l’Egypte qui s’emploie à mettre en œuvre avec succès des réformes essentielles pour accroître ses recettes et maîtriser ses dépenses et où l’investissement direct étranger devrait être multiplié par deux en 2017 pour atteindre 5 milliards de dollars.

De surcroît, les estimations de la Banque mondiale montrent qu’à partir du moment où une solution politique sera adoptée en Syrie et où la reconstruction débutera, il faudra 10 ans au PIB syrien pour revenir à un niveau proche de ce qu’il était avant la guerre à condition que l’économie connaisse une croissance moyenne de 5%.

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