Les banques d’affaires et l’Asie

Plus que jamais sur le qui-vive, les grandes banques d’affaires américaines et européennes ont depuis plusieurs mois entrepris de rationaliser leurs activités en Asie et annoncent régulièrement de nouvelles mesures d’austérité. Il est vrai que, sur le premier trimestre 2002, le marché asiatique des fusions et acquisitions a accusé une nouvelle chute en volume de 42 % comparé au premier trimestre 2001. Ce marché retrouve ces niveaux de 1999. En réaction, JP Morgan Chase vient d’annoncer la suppression de près de 23 % de ses équipes. Afin de réduire ses coûts, la banque a décidé de remplacer les spécialistes géographiques ou sectoriels par une centaine de banquiers juniors polyvalents.
Même son de cloche du côté de Lehman Brothers, qui a elle aussi annoncé des licenciements, et Bear Stearns qui, en janvier, avait supprimé 20 postes, préférant se focaliser sur les lignes de métier plutôt que sur la couverture géographique. Merrill Lynch n’est pas en reste avec la fermeture de la quasi-totalité de ses bureaux de courtage au Japon. Depuis quelques mois, les banques françaises installées en Asie réduisent elles aussi progressivement la voilure. Après Crédit Agricole Indosuez, qui a fermé ses activités de courtage sur actions en Asie fin 2001, la Société Générale a décidé fin janvier dernier la réduction de 10 % des effectifs de ses activités de banque d’investissement et de financement en Asie. Un mois plus tôt, cette même Société Générale s’était déjà séparée de 20 professionnels à Singapour et avait fermé ses activités de courtage actions au Japon.
Toutefois, tout en mettant en place des plans d’économies, les grandes banques d’affaires n’entendent pas pour autant déserter la région. Le Néerlandais ABN Amro a ainsi récemment décidé de restructurer ses activités de courtage américaines afin précisément de concentrer une partie de ses ressources sur ses activités de courtage en Europe, mais également en Asie. Des déclarations d’intention qui interviennent après l’arrêt en septembre dernier de ses activités de courtage sur les actions japonaises. Pour sa part, Goldman Sachs a suspendu la semaine dernière ses activités de courtage après clôture à destination des particuliers japonais, tout en affirmant son intention de développer son activité en gestion privée en Asie. Enfin, de son côté, BNP Paribas, dont l’acquisition de Peregrine à Hong-Kong, lui a permis d’entrer dans le métier Actions en Asie hors Japon, n’a guère modifié son dispositif dans la zone. Le groupe bancaire a même décidé de créer une banque d’investissement en Chine, en partenariat avec Changjiang Securities.
À son tour, le Crédit Lyonnais jette l’éponge et abandonne la recherche et le courtage sur actions japonaises. À Tokyo, la filiale du groupe dédiée aux activités de marchés, Credit Lyonnais Japan (CLS Japan) a en effet déclaré qu’elle fermait ses activités de courtage au Japon. La banque française prend donc la suite de la poignée d’établissements financiers étrangers installés à Tokyo qui ont renoncé, en période de vaches maigres, à maintenir une activité chroniquement déficitaire.
Certes, la coupe opérée par le Crédit Lyonnais dans le courtage n’a pas l’ampleur des précédentes : Merrill Lynch a annoncé, il y a un mois, le licenciement de 1200 personnes, ABN Amro a supprimé en septembre dernier 120 postes et la Société Générale s’est séparée d’une cinquantaine de personnes.

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