L’Étude McKinsey à doses homéopathiques

L’Étude McKinsey à doses homéopathiques

Le voile est partiellement levé sur la très médiatisée étude McKinsey. Sa présentation devant le monde économique lors de la réunion du bureau de la CGEM et du Conseil national du patronat, le 12 juillet 2005, a permis de rallier le monde de l’entreprise à sa cause. Ainsi, le patronat marocain a, officiellement, apporté son adhésion à la vision de cette étude qui recommande le développement de nouveaux métiers, l’accélération des réformes et le renforcement de la compétitivité. Selon les membres de la CGEM, les raisons de la stratégie de communication, bien préjudiciable au département du commerce et de l’industrie qui a commandité l’étude, mais par ailleurs bien profitable en matière de publicité au cabinet McKinsey, sont justifiés. L’étude comporte des données qui doivent rester confidentielles. Le travail livré contient des informations détaillées, formulées sous forme de mode d’emploi pour mettre en pratique l’étude. À titre d’exemple, en matière de off-shoring ou pour l’industrie automobile, le type de prestation que le Maroc peut mettre en pratique est clairement notifié.
Ainsi, un des domaines à aller chercher le off-shoring en matière de comptabilité des banques. Les banques françaises cibles ont été clairement identifiées. Le détail a porté sur le nom même de la personne à contacter.
« Le plus important est de militer pour traduire ce nouveau programme en actions tangibles, à commencer par une discontinuité dans les méthodes et les moyens », a tenu à préciser Hassan Chami, président de la CGEM lors de la conférence de presse notifiant l’adhésion de la confédération à l’étude McKinsey, désormais baptisée programme « Emergence ».
Les retombées économiques du programme, une fois appliqué, se traduiraient par la création de 800.000 emplois, pour une valeur ajoutée directe de 53 milliards de DH à l’horizon 2010.
Selon la revue CGEM Infos, reprenant de larges extraits de la présentation faite par le ministre du commerce et de l’Industrie, Salaheddine Mezouar, devant le CNP, l’étude McKinsey qui a nécessité un travail de six mois, est basée sur trois points essentiels : le diagnostic des freins au développement, la définition de la stratégie sur la base des conclusions faites après le diagnostic ainsi que le suivi et la mobilisation des moyens humains et financiers pour concrétiser cette stratégie.
Le diagnostic de la situation actuelle du tissu industriel marocain fait apparaître un déficit de croissance chronique et un processus de mise à niveau insuffisant d’où la nécessité de mettre en place une politique industrielle volontariste. «D’un autre côté, l’informel, la faiblesse de la demande intérieure, la lourdeur et la complexité des procédures administratives,  la pression fiscale constituent les contraintes majeures pour ce secteur», précise le bulletin de la CGEM.  Côté recommandation, l’étude propose un ciblage plus intelligent qui doit se faire en parallèle avec des réformes de fond et l’encouragement des investissements directs étrangers. L’exemple du Mexique a été cité.  Ce pays, après une phase de stagnation durant les années 80, a pu réussir la restructuration de son économie durant les années 90.
Le Maroc peut ainsi miser sur les nouveaux métiers. L’off-shoring arrive en tête.  L’électronique et l’automobile sont l’autre fer de lance. « Le programme Emergence constitue un point de départ et une opportunité à saisir. Il nous permettra de sortir de l’approche classique de gestion », a déclaré Salaheddine Mezouar devant le CNP. Assurément, le programme constitue une opportunité pour le secteur industriel marocain, mais maintenant que la fenêtre de tire est bien cadrée, sa mise en œuvre, à court terme, est un gage d’un lancement réussi.

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