L’exécutif européen approuve la réforme de la PAC

La Commission Européenne a adopté mercredi dernier une réforme controversée de la politique agricole commune (PAC) de l’Union Européenne, au moment où quelque 200 agriculteurs espagnols manifestaient devant le conseil de l’UE en protestation contre ce projet. La réforme, qui a déclenché une vive réaction de la France, principale bénéficiaire de la PAC, doit être soumise, lundi prochain, aux ministres européens de l’agriculture à Bruxelles. Mais les tractations devraient se prolonger au-delà de l’été.
Les quinze partent très divisés sur ce dossier, d’autant que deux poids-lourds de l’UE : la France et l’Allemagne ont des visions diamétralement opposées sur l’ampleur que doit prendre cette révision. L’enjeu est de taille car il concerne l’avenir de la politique agricole européenne qui absorbe plus de 40% du budget communautaire et représentait quelque 43 milliards d’euros en 2001. Les crises de la vache folle, de la fièvre aphteuse et autres poulets contaminés ont, en outre, ébranlé la confiance des consommateurs dans une agriculture productiviste.
Le plan, parrainé par le commissaire européen à l’Agriculture et à la Pêche, Franz Fishler, prévoit un changement en profondeur de la répartition des aides agricoles. Les Français, principaux bénéficiaires aux côtés des agriculteurs espagnols, portugais et italiens, sont fortement opposés à ces propositions, alors que l’Allemagne, le plus gros contributeur au budget européen, exige tout comme la Grande-Bretagne, un abandon du système actuel. Compte tenu de sa position de première puissance agricole européenne, la France refuse toute révision de la PAC avant 2006, date initialement prévue lors du sommet de Berlin en 1999.
Le plan adopté par la commission européenne et devant être avalisé par les ministres européens, propose de changer les aides directes versées aux agriculteurs en aide d’un montant forfaitaire. l’aide est calculée, actuellement, en fonction de la superficie cultivée et du nombre de bêtes dans chaque exploitation. Dans le projet en examen, les aides seraient plafonnées et soumises à des conditions de préservation de l’environnement, et pourraient être progressivement consacrées au développement rural et à l’encouragement de productions moins intensives.

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