Loi de finances : manque de visibilité

Loi de finances : manque de visibilité

Avant son éventuel amendement au Parlement, la présentation, mais surtout, l’accompagnement du projet de Loi de Finances 2004 doit l’être assurément. La note de présentation du projet de budget n’a été rendue publique que par les commentaires des fidèles observateurs. D’ailleurs, l’effet scoop n’a pas tardé à générer son retour. Certains « économistes », par leur lecture singulière du projet de loi, ont fini par tomber dans des contradictions les plus diverses. En tête, les précautions d’usage devant annoncer le report pur et simple des cadeaux fiscaux concédés au patronat, ont donné lieu à un sentiment de duperie. Au moment où il suffisait de présenter les choses comme elles sont à savoir, une conjoncture économique particulièrement difficile qui a largement réduit toute marge de manoeuvre, le report au…31 décembre 2004 de l’application de la baisse de l’IGR de 44 à 41,5%, avec des «peut-être» à bout de champ, ont laissé les observateurs sur leur faim. Tout simplement, nous sommes bien en présence d’un projet de budget de crise. Les contraintes sont énormes et les engagements du Premier ministre aussi multiples que divers. Toutes les promesses des dernières années pour réduire le poids de la masse salariale n’ont pas été tenues. Les dépenses du personnel sont en hausse. Le budget d’investissement connaît une réduction de 2,5 %. Les dépenses de fonctionnement augmenteront de 3,51 % par rapport à l’exercice en cours. Elles s’établissent à 80,99 milliards de DH en 2004 contre 78,25 milliards pour 2003. Le montant affecté à la masse salariale dans le prochain budget s’élève à 53,57 milliards de DH contre 52,35 milliards pour l’exercice en cours, soit une hausse de 2,34%. L’impact financier de la promotion exceptionnelle des fonctionnaires et les augmentations décidées en faveur du personnel de la sécurité et de l’Education nationale y sont pour une grande part. Quant aux charges communes, leur montant s’élève à 8,1 milliards de DH contre 9,3 pour 2003, soit une baisse de 12,9 %. Ces crédits serviront à couvrir la subvention de la compensation des denrées de base pour 1,6 milliard de DH, alors que ce montant, risque d’être facilement atteint d’ici la fin d’année, si la Caisse de Compensation ne débloque pas les sommes dues aux seuls distributeurs de gaz butane ! Toutefois, le paradoxe enveloppe les dépenses d’investissement. Elles baisseront de l’ordre de 2,5 %. Elles s’élèvent à près de 19,06 milliards de DH en 2004 contre 19,5 milliards en 2003 ! Se rabattre sur les budgets annexes est désormais une nécessité. L’investissement public comprendra aussi les dotations du Fonds Hassan II pour le développement économique et social à hauteur de 4,4 milliards de DH, les programmes d’investissements financés dans le cadre des comptes spéciaux du Trésor pour 6,4 milliards de DH et ceux des collectivités locales à hauteur de 6 milliards de DH. Les établissements publics comptent investir en 2004 près de 34,2 milliards de DH. Par contre, bonne nouvelle pour la Bourse de Casablanca. Le gouvernement a décidé de reconduire les avantages en faveur des sociétés qui s’introduisent en Bourse. Ainsi, la prolongation des avantages prévus par la loi de Finances de 2001 est prorogée pour trois ans (2004 à 2006). Sans chercher à diminuer l’effort fourni sous le poids d’une conjoncture difficile, il aurait mieux fallu présenter les choses plus simplement. L’après 16 mai a certainement guidé les choix. Sécurité et proximité sont les maîtres mots !

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