L’Otan doit accorder plus d’importance aux pays du Sud

L’Otan doit accorder plus d’importance aux pays du Sud

Près de 350 hautes personnalités mondiales étaient réunies ce week-end à Marrakech pour débattre de l’avenir de la région atlantique lors de la troisième édition des «Atlantic Dialogues». S’exprimant lors de la première séance plénière, Youssef Amrani, chargé de mission au Cabinet royal, a partagé son ambition de voir les pays africains adopter «un modèle d’intégration régional semblable à celui des pays latino-américains».

La convergence, la coopération et le partenariat étaient au cœur du débat sur «La nouvelle équation de l’Atlantique» auquel a participé Youssef Amrani aux côtés de Miguel Angel Moratinos, ancien ministre des affaires étrangères espagnol, Laura Chinchilla, ancien ne présidente du Costa Rica, et Esther Diane Brimmer, professeur de relations internationales à l’Université George Washington.

Lors de son intervention, l’ancien diplomate marocain s’est attardé sur la question sécuritaire, notant que l’Organisation du traité de l’atlantique nord (OTAN) devrait accorder plus d’importance aux pays du sud de l’Atlantique compte tenu des nombreux défis sécuritaires qu’ils rencontrent «L’Otan doit repenser le concept de sécurité et initier un dialogue avec les pays du Sud. Le Maroc a demandé à plusieurs reprises à ce que la région du Sud de l’Atlantique devienne prioritaire pour l’Otan», a-t-il déclaré.

La nécessité d’une alliance durable entre les pays de l’Atlantique faisait l’unanimité parmi les participants à ce panel. Après avoir souligné que le contexte politique mondial imposait connectivité et coopération entre les pays du Sud et ceux du Nord, Miguel Angel Moratinos a proposé un groupement semblable à l’alliance du pacifique. «Le monde est en train de changer, on ne peut plus aujourd’hui parler de Nord/Sud/Est/Ouest (…) C’est peut-être difficile de rassembler les 54 pays de l’Atlantique, mais nous nous devons de rapprocher les rives», a-t-il affirmé, soulignant la nécessité «d’abolir la notion de pays du Nord et de pays du Sud, pour faire face ensemble à des défis globaux».

Dans cette même optique, Youssef Amrani s’est attardé sur le caractère global des défis et des objectifs des deux rives de l’Atlantique «Nous partageons la même vision, les mêmes valeurs mais également les mêmes défis. Des menaces comme le trafic humain, le trafic de narcotiques ou l’Ebola nécessitent une approche cohérente et pragmatique», a-t-il déclaré, ajoutant que plusieurs outils sont mis en place dans cette vision de coopération, à l’image du dialogue Maroc-Etats Unis, mais que ces initiatives sont souvent isolées et manquent de cohérence. Un constat similaire a été relevé par Esther Brimme et par Laura Chinchilla, qui ont déploré le manque de consistance et d’unicité dans les solutions qu’apportent les différents pays de l’Atlantique aux défis communs qu’ils doivent affronter.

«Il est vrai que le niveau de coopération ne cesse d’augmenter, mais nos politiques manquent toujours d’efficacité», a relevé l’ancienne présidente costaricaine.  Le débat était également orienté vers les solutions aux différents défis que rencontre la région.  Pour Youssef Amrani, la réponse à une grande partie de ces défis réside dans le développement humain.

«La dimension humaine, à travers le développement de l’éducation, de l’agriculture, de la santé, etc. est primordiale», a-t-il assuré. L’ex-présidente du Costa Rica a, quant à elle, souligné l’importance d’une coopération économique effective, avançant que le renforcement des échanges commerciaux était un moyen de relever les économies et de créer des opportunités d’emploi.

Avec une forte participation des pays africains et américains, et une absence remarquée de l’Hexagone, cette troisième édition des «Atlantic Dialogues» était une occasion d’enclencher la réflexion et le partage d’idées sur l’avenir d’une région qui connaît des changements en profondeur.

Ce forum international est organisé conjointement par l’OCP Policy Center, un think tank créé et financé par l’Office chérifien des phosphates (OCP), et le German Marshall Fund (GMF), une institution américaine non gouvernementale visant à promouvoir le dialogue transatlantique.

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