Majid Kaissar El Ghaib : «Nous ambitionnons de moderniser les circuits de commercialisation du poisson»

Majid Kaissar El Ghaib : «Nous ambitionnons de moderniser les circuits de commercialisation du poisson»


ALM : Oujda vient de connaître le lancement de deux opérations d’envergure : Opérationnaliser un marché de gros répondant aux standards internationaux et renforcer le commerce de proximité par la distribution de triporteurs à caissons isothermes. C’est pour atteindre quels objectifs ?
M. El Ghaib : Dans le cadre d’une approche intégrée de modernisation et de renforcement des circuits de commercialisation des produits de mer et pour encourager la consommation tout en permettant au citoyen de tirer un meilleur profit des richesses halieutiques, l’ONP ambitionne de réguler cette activité. Notre stratégie se base sur la modernisation du commerce de proximité à travers la modernisation de l’infrastructure existante et le lancement d’opérations pilotes d’appui aux marchands ambulants. C’est ce que nous avons réalisé à Mohammedia, Agadir, Casablanca, Safi et El Jadida. A Oujda, cette opération a été initiée par SM le Roi à travers l’inauguration d’un nouveau marché de gros et la distribution de triporteurs équipés de caissons isothermes. Un projet global qui concerne dans sa première phase 150 marchands ambulants et qui touchera par la suite 250 autres bénéficiaires. Un travail réalisé en commun avec l’INDH et l’Agence américaine du partenariat pour le progrès. Le but est d’accompagner 2000 marchands ambulants dans dix villes avec un financement qui leur permettra d’avancer 10% sur un investissement estimé à 30.000DH.
 
Cet accompagnement pour le développement de la distribution du poisson sur le marché national, est-ce que pour remédier à une ancienne approche qui était axée sur l’export ?
On entend beaucoup parler du poisson mais il y a très peu de gens qui le consomment. Les chiffres sont clairs. Le Maroc produit près de 40 kg par habitant et par an, alors que nous ne consommons pas plus de 12 kg. La moyenne mondiale est de 16 kg. C’est peu pour un pays avec deux façades maritimes. Traditionnellement, certaines de nos villes ont donné leurs dos à la consommation du poisson car les circuits de distribution étaient quasi inexistants. Il faut avouer que le secteur de la pêche traditionnelle s’est essentiellement basé sur l’export vers les marchés européens et japonais. Cela a eu comme effet positif de répondre à des normes strictes pour sa distribution. Mais de manière générale, le consommateur marocain n’a pas bénéficié de ce développement. Pour remédier à cette faille, on est en phase de doter plusieurs villes de marchés de gros modernes. Le nombre de marchés de gros qui existent aujourd’hui est de l’ordre de 6 : Oujda, Tétouan, Meknès, Fès, Marrakech et Rabat et tous étaient gérés par des collectivités locales selon une réglementation dépassée. Les mandataires ne sont pas des investisseurs et ont handicapé le secteur au lieu de l’améliorer.
 
Peut-on avoir une idée sur l’enveloppe budgétaire débloquée pour la modernisation de ces marchés de gros et leur source de financement ?
On ambitionne dans un premier temps la modernisation de 10 marchés de gros. 4 sont financés par la partie marocaine à hauteur  de 200 MDH. Ce sont ceux de Casablanca, Oujda, Tanger et Fès. Les autres seront financés par la partie américaine et nécessiteront 250 MDH. Il s’agit de ceux de Meknès, Rabat, Marrakech, Tétouan, Béni Mellal et Taza.

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