Maroc-UE : Élargir la coopération

Coup de fouet aux relations Maroc-UE. Ces dernières ont atteint, cette semaine, un nouveau palier avec la création de sous-comités sectoriels pour traiter les dossiers en suspens et approfondir la réflexion autour des questions relatives aux relations économiques entre les deux partenaires d’une manière générale. La décision a été prise lors de la réunion du 3ème Conseil d’Association Maroc-UE qui s’est tenue le lundi 24 février 2003. «Cette rencontre a été mise à profit pour procéder à une évaluation globale des relations maroco-communautaires et envisager les moyens susceptibles de leur insuffler une dynamique plus innovante», est-il indiqué. Les questions relatives à l’agriculture, la migration, la coopération économique et financière ont ainsi été abordées par la délégation marocaine, conduite par le ministre délégué aux affaires étrangères et à la coopération, M. Taïb Fassi Fihri.
Cependant, la décision de l’UE d’instituer des sous-comités bilatéraux (marché intérieur, industrie, commerce …), a constitué le point d’orgue de cette rencontre. Il s’agit là de la première initiative du genre depuis le lancement du Partenariat euro-méditerranéen. Ces sous-comités sont les premiers du genre que l’UE a créés avec un de ses partenaires du Sud de la Méditerranée. Ils sont semblables à ceux établis avec les Pays d’Europe Centrale et Orientale (PECO) et avec la Turquie. Ana Palacio, ministre espagnole des affaires étrangères, n’a d’ailleurs pas manqué lors de la réunion de Bruxelles de souligner la détermination de l’Europe à ouvrir de nouvelles perspectives aux relations avec le Maroc, à la veille de l’élargissement de l’UE à 10 nouveaux pays.
La mise en place de ce cadre supplémentaire de coopération et de concertation permet désormais aux deux parties de se pencher sur des secteurs qui n’ont pas été abordés jusqu’à présent dans le cadre de l’Accord d’Association.
Six sous-comités «stratégiques» ont ainsi été institués. Ces derniers concernent le marché intérieur, l’industrie, le commerce et les services, le transport, l’environnement et l’énergie, la recherche et l’innovation, l’agriculture et la pêche et enfin la justice et la sécurité.
Ces sous-comités, appelés à « élargir la coopération » maroco-européenne à travers des objectifs clairement tracés à court, moyen et long termes, seront chargés de la mise en oeuvre des «priorités du partenariat et du rapprochement des législations», a indiqué un communiqué de la Commission européen.
La nouvelle structure devrait compléter les autres comités et groupes de travail prévus dans le cadre de l’Accord d’Association (groupes de travail sur la migration et les affaires sociales, comité de coopération douanière, dialogue économique). Difficile dans ces conditions de ne pas afficher son satisfecit.
Ce que se sont empressés de faire les représentants de la délégation marocaine et ceux de la Commission Européenne. Fassi Fihri s’est déclaré, à cet égard, «satisfait» de la disposition de l’UE à engager une réflexion conjointe avec le Maroc sur ce «statut avancé». Pour lui, l’institution de ces structures constitue un saut qualitatif pour conférer aux relations maroco-européennes.
Pour sa part, le commissaire européen aux relations extérieures, Chris Patten, a affirmé que la constitution de sous-comités sectoriels entre le Maroc et l’UE dans le cadre de l’Accord d’Association, traduit la «maturité» du dialogue engagé entre les deux parties, et souhaité que cet «exemple soit suivi par d’autres pays de la région». Le dialogue maroco-européen, avait «assurément besoin» de ce nouvel instrument qui constitue un outil concret et pragmatique pour «approfondir davantage» les relations maroco-européennes, a insisté le commissaire européen. A noter que la délégation marocaine participant à ce 3ème Conseil d’Association comprenait, outre M. Fassi Fihri, l’ambassadeur du Maroc auprès des communautés européennes, Mme Aïcha Belarbi, ainsi que les représentants des principaux départements concernés par la coopération avec l’UE, notamment les finances, le commerce extérieur, l’agriculture et l’intérieur.
Rappelons par ailleurs que l’Accord d’Association Maroc-UE, entré en vigueur en mars 2000 dans le cadre du Processus euro-méditerranéen, prévoit l’établissement d’une zone de libre-échange entre l’Union et le Royaume au plus tard le 28 février 2012.

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