Mohamed Fikrat : «La filière sucrière se porte bien et les indicateurs sont plutôt satisfaisants»

Mohamed Fikrat : «La filière sucrière se porte bien et les indicateurs sont plutôt satisfaisants»

Entretien avec Mohamed Fikrat, président-directeur général de Cosumar

Grand habitué du SIAM, Cosumar est l’une des entreprises les plus actives en agriculture dans notre pays. Elle compte 80.000 agriculteurs partenaires, 2.000 fournisseurs et dispose de 1.000 clients directs. Cette année, Cosumar arrive au Salon international de l’agriculture avec une nouveauté. Il s’agit de son programme Attaissir. C’est une solution numérique innovante dont l’objectif repose sur l’accélération de l’amélioration des performances globales de l’amont agricole.  Elle est déclinée en trois modèles à travers un code couleur réservé à chaque usager (vert pour l’agriculteur de betterave à sucre, gold pour l’agriculteur de canne à sucre, bleu pour les distributeurs et prestataires de services). Pour l’agriculteur, elle permettra de simplifier et faciliter des procédures relatives à la préparation des campagnes agricoles comme les achats de tous les intrants, l’amélioration de l’encadrement technique et un meilleur accompagnement au quotidien, la garantie d’une totale transparence pour toutes les transactions financières et une réduction effective du délai de paiement ou encore l’accès à l’information en temps réel. Du côté des distributeurs et prestataires de services, elle permettrait une gestion efficace des stocks des intrants agricoles, ils peuvent fournir aux agriculteurs les semences et produits phytosanitaires les mieux adaptés à leurs parcelles et cultures. Pour en savoir plus, nous sommes allés à la rencontre de son PDG.

ALM : Quelle est la particularité de votre participation au SIAM 2019 ?

Mohamed Fikrat : Pour nous c’est devenu un rendez-vous habituel. Nous participons avec un stand qui est dédié en grande partie à la célébration de notre 90ème anniversaire. Comme vous le savez, Cosumar a été fondée en 1929 par la raffinerie de Casablanca qui faisait 100 tonnes par jour. Aujourd’hui nous avons atteint une production de 3.500 tonnes par jour. Depuis cette date nous avons connu plusieurs étapes, j’en citerais l’année 2005 qui a donné naissance à un groupe beaucoup plus intégré et en 2016 nous avons lancé une unité de raffinage à Yanbu en Arabie Saoudite dont nous sommes le principal actionnaire. La participation au SIAM 2019 est l’occasion pour nous de partager avec les parties prenantes les projets que nous faisons mais aussi nos projets d’avenir.

Vous avez annoncé récemment le lancement de la carte Attaissir. En quoi consiste cette carte exactement et qui peut l’obtenir ?   

Cette année nous avons entamé une belle expérience avec l’amont agricole qui consiste à introduire la digitalisation. Aujourd’hui dans cinq régions, 45.000 à 50.000 agriculteurs sont équipés de cette carte qui s’appelle Attaissir. Cette innovation a été élaborée grâce aux équipes de Cosumar et une start-up marocaine. Ce dispositif permet de gérer la totalité de l’opération de culture de récolte et de livraisons de betterave et de la canne. L’agriculteur se présente avec sa carte au centre de distribution des intrants en possession de tous les intrants, semences, engrais, produits phytosanitaires. Par la suite la parcelle est suivie par des visites beaucoup plus fréquentes qu’auparavant par des conseillers agricoles et nos ingénieurs agronomes. Celles-ci sont suivies en temps réel. Nous transmettons les données de chacune des parcelles vers un poste central. Nous suivons également les opérations de récolte et de transport. Toutes les machines qui sont utilisées, à savoir les machines de la récolte de chargement et les camions de transport sont équipées de GPS. Nous avons une meilleure maîtrise de notre process qui est très complexe. Comme vous le savez, dans la campagne, il y a un ensemble d’opérations et une planification qui est très complexe, maintenant elle est mieux gérée et mieux maîtrisée au profit de l’agriculteur et de ses performances. Les agriculteurs voient qu’il y a une forte transparence, il y a aussi une forte prise en compte de l’état de santé des plantes végétales. Nous sommes optimistes par rapport à cette opération Attaissir.

A côté de la digitalisation, Cosumar est également sur le terrain avec des process de fertilisation. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Parallèlement à cette opération de digitalisation nous avions lancé cette année une expérience tout aussi originale qui consiste à faire la composition de l’engrais mais d’une façon personnalisée et par parcelle grâce à l’analyse du sol. L’engrais est préparé et livré selon les besoins de chacune des parcelles de la plante sucrière. Cette opération a deux grands objectifs: tout d’abord améliorer la fertilisation et en parallèle optimiser le coût de la fertilisation. Nous avons commencé à l’expérimenter sur 500 hectares en collaboration avec le groupe OCP qui a mis en place un appareil qui s’appelle le Smart Blender.

Cette opération est très prometteuse pour nos partenaires agricoles, pour l’agriculture marocaine et peut-être pour l’agriculteur au niveau de l’Afrique. Ce sont les deux volets que nous faisons maintenant au niveau de l’amont agricole, à savoir la digitalisation et fertilisation adaptée et optimale.

Qu’en est-il de votre politique RSE ? 

Ce salon aussi est l’occasion de montrer plus notre politique RSE qui est basée sur trois grandes dimensions. Il y a la dimension humaine  people, puisque notre activité est au service de l’humain qu’il soit agriculteur, collaborateur, professionnel, client, ou riverain. Elle porte aussi sur la planète parce que tout ce que nous faisons se fait de manière à respecter la nature et l’environnement. A fin 2018, nous avons diminué notre empreinte carbone de 46%, nous avons diminué notre consommation d’énergie à plus de 25%, nous avons diminué notre consommation d’eau à plus de 86% en utilisant de nouveaux procédés de recyclage et une nouvelle manière de fonctionnement et le 3ème axe est articulé sur la dimension «prosperity». Notre ambition c’est de créer de la valeur et de la partager avec toutes les composantes de notre écosystème, à savoir les fournisseurs, les agriculteurs, les actionnaires, les partenaires et la communauté à travers les impôts. Nous avons trouvé un slogan qui résume cette troisième dimension qui est «Partageons le progrès». L’idée derrière c’est que nous sommes dans une amélioration permanente de notre fonctionnement en recherchant toujours à s’approcher le plus possible de l’excellence dans tout ce que nous faisons dans l’amont agricole, dans la partie transformation mais aussi au service de notre marché.

Comment se porte la filière sucrière cette année ?

La filière sucrière se porte pour le moment bien. Nous entamons la campagne de récolte depuis quelques jours. Elle va durer jusqu’à fin juillet, voire début août. Les indicateurs sont plutôt satisfaisants. On est optimistes et on a mis en place tout ce qui permettrait que la campagne soit à la hauteur des attentes des agriculteurs. 

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