Nizar Baraka : «Instaurer une feuille de route pour accompagner les coopératives»

ALM : Pourquoi avez-vous choisi Oujda pour commémorer la journée internationale des coopératives?
Nizar Baraka : Avec ses 620 coopératives et la dynamique que connaît l’Oriental en matière de coopératives, il fallait soutenir cet élan et voir comment on peut accroitre l’apport des coopératives dans le développement régional. C’est aussi  pour encourager un secteur en pleine croissance qui bénéficie d’une attention particulière grâce aux politiques gouvernementales qui viennent d’être mises en place et qui ont un caractère territorialisé. C’est le cas du secteur  agricole avec le Plan Maroc Vert, des énergies renouvelables avec le lancement prochain d’une zone dédiée à ces services au niveau de la région orientale, ainsi que sept autres secteurs. D’autant plus que nous considérons que les coopératives peuvent jouer un rôle important en matière de croissance économique.
 
Un tel souci se rapporte-t-il seulement au soutien à apporter à ces  coopératives ou pour démontrer que le modèle d’entreprise coopérative est un modèle alternatif et un exemple à suivre ?
L’idée principale est d’encourager ces coopératives en les impliquant davantage  dans le développement socio-économique du pays. C’est une approche qui est déjà développée par l’Initiative nationale pour le développement humain lancée par le Souverain et qui vise à accompagner l’expansion du secteur coopératif. Il s’est aussi avéré que ce secteur résiste plus aux crises que les entreprises classiques. C’est une économie qui se veut sociale et solidaire. En outre, avec des coopératives, on peut stimuler la productivité et réorganiser les systèmes de production. C’est aussi permettre à notre pays de diversifier les opportunités d’emploi et de participer activement à la création de la valeur ajoutée. Et c’est dans cette optique que nous encourageons une nouvelle génération de coopératives portées par les diplômés chômeurs pour qu’ils puissent trouver un espace d’intégration sociale et contribuer au développement socio-économique du pays.

Varier les solutions économiques de la sorte présuppose la mise en place d’un ensemble de mécanismes pour leur assurer une durée de vie. Comment comptez-vous accompagner ces coopératives ?
C’est par le biais d’une stratégie gouvernementale mise en place déclinée en trois axes. Tout d’abord, une action d’ordre institutionnel et législatif avec la révision de la loi sur les coopératives pour faciliter leur création. De ce fait, on est passé de 350 coopératives créées en 2005 à 500 en 2008 et nous envisageons la création de 600 d’ici la fin 2009. C’est aussi pour améliorer la gouvernance, la formation et l’encadrement du secteur des coopératives. Le deuxième type d’action cible la  lisibilité du secteur dans une logique territorialisée à travers la mise en place de plans régionaux de développement. Nous avons déjà lancé neuf plans régionaux et nous lancerons d’autres en 2010. L’objectif principal est d’avoir une feuille de route sur les domaines où les coopératives peuvent se développer.
Le troisième niveau d’intervention concerne la commercialisation à travers l’organisation du salon national et des salons régionaux des coopératives et de l’économie sociale. Nous avons aussi signé des contrats avec les grandes surfaces et l’Office national des aéroports pour commercialiser les produits des coopératives. Par ailleurs, nous avons développé un nouveau concept à travers des marchés itinérants pour que les produits de coopératives et du terroir soient mieux adaptés et connus sur le plan national.

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