Opep du gaz : l’Europe s’inquiète

Le projet d’une Opep de gaz va être discuté lundi et mardi prochain au Qatar, où se réuniront les principaux fournisseurs mondiaux que sont le Qatar, la Russie, l’Algérie, l’Iran, le Venezuela …
Il s’agit de mettre sur pied un cartel, au même titre qu’il en existe un pour le pétrole.
L’idée d’une Opep du gaz est apparue l’été dernier, après la signature d’une alliance entre le russe Gazprom et l’algérien Sonatrach, les deux principaux fournisseurs de gaz de l’Europe. Les pays producteurs cherchent, en effet, à partager leurs informations en termes de contrats, afin d’obtenir les mêmes conditions pour tous. Le tout étant d’éviter que les pays consommateurs fassent jouer la concurrence et l’absence de transparence pour dicter leurs conditions aux producteurs. Mais de là à dicter les prix, il y a un pas. Si le ministre du Commerce russe, Guerman Gref, a déclaré qu’il n’y avait pas de raison que les prix montent à court terme avec la mise sur pied d’une Opep du gaz, ce n’est pas par hasard.
Contrairement au pétrole , les prix du gaz sont plus compliqués à "manipuler". Pour la bonne raison que les prix sont établis, certes, en fonction de l’évolution du prix du pétrole, mais par le biais de contrats, établis entre producteurs et clients, sur une très longue période, de quinze ou vingt ans.
Cette situation s’explique par le fait que les investissements pour l’extraction, le transport par gazoduc ou par méthanier sont particulièrement lourds. Et souvent partagés entre les deux parties. Du coup, peu de gaz est échangé en gré à gré sur le marché, à New York par exemple (10% seulement). Or, c’est cette procédure, largement utilisée pour le pétrole , qui permet aux prix de fluctuer en fonction de l’offre et de la demande.
Dans ces conditions, les producteurs de gaz qui cherchent à calmer les craintes des consommateurs en déclarant que les prix auront du mal à grimper en raison d’une simple mise en place d’une Opep du gaz ont, sans doute, raison. D’ailleurs, pour certains observateurs, ce cartel aurait surtout valeur de symbole politique.

• D’après La Tribune

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