Perspectives : Les réserves de la CGEM

L’accord de libre-échange avec les américains dont le troisième round vient de se dérouler à Rabat suscite de remous parmi les 25 Fédérations du patronat.
La CGEM a profité de la visite du sous-secrétaire d’Etat au Commerce Mme Maria Cino pour exposer sa vision sur les tenants et les aboutissants de cet accord dont la conclusion est prévue pour la fin de l’année en cours. Lors d’une réunion qui s’est tenue récemment au siège de la Confédération, le patronat a présenté les grands axes de ses griefs tout en reconnaissant l’apport indéniable d’un tel accord bilatéral dans la promotion des rapports économiques entre les deux pays.
Ainsi, six points de discorde ont été soulevés par Khalid El Hariry, président de la Fédération de l’informatique, télécoms et l’audiovisuel (FITAV) qui a pris part aux travaux de cette réunion marquée par la présence de l’Ambassade Mme Margaret Tutwiler et Ahmed Chami.
Ces griefs concernent : l’agriculture, le textile, les services, les marchés publics, la protection intellectuelle et le domaine du travail et l’environnement.
Historiquement, le dossier agricole était toujours sensible chaque fois que le Maroc participe dans des négociations multilatérales comme c’est le cas avec l’Union Européenne. La CGEM part d’une constance de base : l’agriculture à une position particulière dans l’économie du Royaume surtout qu’une grande majorité des producteurs ne sont pas encore prêts à une libéralisation aussi bien à court ou moyen terme. De ce fait, le patronat plaide pour que ce dossier soit traité au-delà de la vision commerciale, soutenue par les négociateurs américains.
Le second dossier épineux des négociations a trait au textile. La préoccupation des textiliens porte sur le modèle proposé pour les règles d’origine. La CGEM espère que les choix définitifs des négociateurs seront adaptés au contexte de la production marocaine. Les services ne sont pas en reste. Le patronat reconnaît que si certains secteurs sont organisés et réglementés, il n’en demeure pas moins que la majorité des sociétés opérant dans ce segment économique ne le sont pas. Par conséquent, la Confédération est défavorable à l’approche par liste négative proposée par les négociateurs américains. Sur le registre des marchés publics, les fédérations affiliées au patronat défendent ongle et bec la notion de «préférence nationale». Elles ont, par ailleurs, exprimé leur vision liée à cette notion y compris en matière de concession des services publics.
Autre pierre d’achoppement des négociations maroco-américaines, le respect de la propriété intellectuelle. Les entreprises marocaines souhaitent que l’accord de libre-échange aillent dans l’esprit de la déclaration de Doha (Qatar), notamment pour les aspects liés à l’industrie pharmaceutique.
Le dernier axe de divergence soulevé par l’intervention du député usfpéite d’El Jadida porte sur les domaines du travail et de l’environnement. Tout en reconnaissant que les entreprises marocaines adhèrent au principe de l’application des lois et des conventions internationales ratifiées par le Maroc, le patronat estime que cette application doit se faire d’une manière progressive. Traduisez : il faut prendre en compte les capacités d’adaptation des PME-PMI qui constituent l’ossature du tissu économique et aussi prévoir des mesures d’accompagnement en vue d’amortir les effets négatifs éventuels de cet accord.
A rappeler que la présence américaine sur le marché marocain reste encore timide. Ce sont 120 sociétés qui sont installées sur le marché local  et qui emploient plus de 90 mille personnes. La présence américaine est manifeste dans les domaines des télécoms, des produits de grande consommation aux produits pharmaceutiques, l’habillement et la restauration rapide.
Au niveau des échanges commerciaux entre les deux pays, ils sont de l’ordre de 750 millions de dollars. Les exportations américaines vers le Maroc ne représentent que 0,08% du total des exportations des USA. De même, les exportations marocaines vers les Etats-Unis ne représentent 2,9% du volume global des exportations. Quant aux importations américaines en provenance du Royaume, elles ne représentent que 0,03% du total des importations de l’Oncle Sam.

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