Pharmaciens sans frontières

Pharmaciens sans frontières

Ivres de promesses non tenues et las d’attendre, les pharmaciens comptent passer à l’offensive. Non pas pour observer une grève, qui, pour eux, reste une action de dernier recours, mais, plutôt, pour organiser, les 21 et 22 avril prochains au palais des congrès de Skhirat, un congrès international.
À l’ordre du jour : lecture critique du nouveau code de la pharmacie et présentation des différentes expériences internationales. «C’est une nouvelle étape dans nos actions de revendications. Nous allons, surtout, débattre des différents points qui nous posent problème, avant de tirer des conclusions et présenter nos doléances», a déclaré, Kamal Belhaj Soulami, président de la Fédération des syndicats des pharmaciens du Maroc. Si les pharmaciens sont, aujourd’hui, pressés c’est parce que cela fait, maintenant, deux mois qu’ils se sont réunis avec la primature, mais sans suite.
«Nous avons eu une réunion marathonienne de trois heures avec le Premier ministre, Driss Jettou, en présence de tous les acteurs concernés, notamment le ministre de la Santé, Cheik Biadillah. On s’est mis d’accord pour la création d’une commission chargée de revoir un certain nombre de points du nouveau projet, mais depuis c’est le silence radio», a confié ce dernier. Le choix du timing pour abriter le premier congrès, à dimension internationale, n’est pas innocent. Prévue quelques jours seulement après l’ouverture de la prochaine session parlementaire, le deuxième vendredi du mois d’avril, cette rencontre sera l’occasion pour les professionnels du secteur, inquiets quant à l’avenir de leur profession, de sensibiliser les pouvoirs publics et faire passer leur message.
Au Maroc, ils sont plus de 7.500 à exercer ce métier pour une population de 30 millions d’habitants. On est loin, très loin des 57.000 recensés aux Etats-Unis ou encore des 26.000 que compte la France. Justement, le "numerus clausus", qui consiste à mettre une pharmacie à un ratio exact de la population, est l’un des points objets de discorde entre les professionnels du secteur et le gouvernement. Selon les normes de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), ce ratio est d’une pharmacie pour 5000 habitants, tout en respectant la règle de chaînage qui est de 300 m. « Sur les 158 articles du projet qui fixent les conditions d’exercice de la profession, plus de 20 sont contestés par le corps pharmaceutique, dont notamment l’idée d’octroi d’autorisation d’exercer par l’autorité locale », a tenu à souligner le président de la Fédération des syndicats des pharmaciens du Maroc.
Les professionnels du secteur estiment que cette dernière doit être accordée par le conseil de l’Ordre ou une structure qui les représente. «Nous ne sommes pas contre l’autorité, mais, il faut que notre représentant ait son mot à dire. Autrement dit, donner plus de poids à notre représentation», a tenu à faire remarquer Belhaj Soulami, pour qui la condition du «service militaire» imposé aux pharmaciens, d’une durée de 18 mois, est un « racisme d’Etat. «Certains le font, d’autres pas.
Les femmes, par exemple, sont dispensées de ce service. Résultat : ça fait casser carrément les couples», a tenu à faire remuer celui-ci. Autre point qui a soulevé la colère des pharmaciens, l’autorisation accordée aux laboratoires pharmaceutiques de vendre directement aux cliniques sans passer par les grossistes. Mesure qui, selon ces derniers, ne fera qu’encourager la vente des médicaments dans les circuits parallèles. Le projet prévoit d’autres règles, dont celles se rapportant à l’autorisation de vendre sur le marché, à la qualité de fabrication, de distribution, de stockage et de transport des médicaments et à la destruction des produits impropres à la consommation.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *