Prospective du secteur

L’avenir du secteur de l’agroalimentaire au Maroc est tributaire à l’aboutissement de trois chantiers majeurs: l’organisation de sectorielle avec une approche filière, la réorientation des mécanismes d’appui et l’amélioration de la compétitivité des entreprises. C’est ce qui ressort d’une étude rétrospective du secteur menée par une équipe de chercheurs maroco-français. Elle comprend notamment Atika Ait El Mekki de l’ENA de Meknès et Rachid Hamimaz de l’Institut agronomique et vétérinaire de Rabat (IAV). Concrètement, les rédacteurs de cette étude préconisent comme premier axe de développement du secteur, l’organisation des rapports inter-professionnels à travers l’adoption d’une approche filière. Autrement dit, « il faut avoir une vision à long terme par produit avec une coordination verticale de l’action des opérateurs du système agroalimentaire », est-il indiqué dans le rapport. L’approche filière exige aussi une amélioration de la productivité et de la qualité des produits pour répondre aux nouvelles normes exigées par le marché y compris européen. Parallèlement, le second axe de développement concerne la réorientation de l’action publique, vis-à-vis du secteur, vers une mise à niveau. Ainsi, la stimulation de la production et de l’innovation passe par une application de la réglementation commerciale en vigueur afin de permettre à la concurrence de jouer son rôle régulateur. En outre, la mise à niveau passe par le renforcement du processus des aides à l’investissement engagé depuis les années 90 dans trois secteurs d’activités : l’agriculture, la pêche et l’agro-industrie.
Sur un autre registre, l’étude suggère comme troisième facteur de développement, l’accroissement de la compétitivité des entreprises et ce via la diminution de l’interventionnisme étatique dans le secteur. De ce fait, il est recommandé que l’Etat se recentre sur ses fonctions de régulation et de contrôle et de service collectif (normes, certification et cadre concurrentiel). Par contre, les pouvoirs publics sont interpellés pour contribuer à l’amélioration de l’environnement des affaires à travers la simplification des procédures d’exportation et la bonne gestion des quotas. Les rédacteurs de l’étude n’ont pas omis, en outre, de consacrer une partie de leur analyse rétrospective aux perspectives internationales du secteur. Le rapport défend l’hypothèse de la nécessité de dépasser le contexte bilatéral pour encourager la solidarité euro-méditerranéenne, notamment pour les produits spécifiques à cette zone. Il s’agit, entre autres, des fruits et légumes et des produits de la mer. Cette solidarité servira de rempart pour faire face à la concurrence d’autres pays hors de cette zone géographique sur des niches importantes tels que le vin, les tomates, les agrumes et l’huile d’olive.

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