Réforme de la Caisse de compensation : Nizar Baraka relance le débat

Réforme de la Caisse de compensation : Nizar Baraka relance  le débat

Le ministre de l’économie et des finances a relancé, vendredi, le débat sur la réforme de la Caisse de compensation. Répondant aux membres de la commission parlementaire des finances, Nizar Baraka, qui défendait son projet de budget de l’Etat, a solennellement réaffirmé l’intention du gouvernement de mettre en œuvre les grandes réformes annoncées. Parmi elles : la refonte des régimes de retraite et  le réaménagement de la Caisse de compensation. Jugée particulièrement budgétivore, cette dernière a encore été pointée du doigt par les spécialistes. Ce point de vue d’un poste d’emploi particulièrement dépensier est, en particulier,  celui du directeur général de la Caisse lui-même. Lors  d’une conférence donnée samedi à Rabat – un jour après les déclarations  du ministre des finances- Najib Benamour a révélé que les subventions des produits de grande consommation ont été multipliées par 25 passant de 2 milliards de dirhams à plus de 50 milliards en 2012. Des montants qui confirment ceux qui ont été annoncés en juin dernier par Abdelali Benamour dans l’étude du Conseil de la concurrence sur l’existant de la compensation et sur les moyens de l’améliorer. Précisant la ventilation des subventions de l’Etat, le DG de la Caisse a déclaré que le gazole consomme quelque 20 milliards, le fuel 8 et le gaz butane 13. Ces montants antérieurs aux réajustements des prix des carburants à la pompe restent cependant valables tant les prix du brut ont grimpé durant ces derniers mois réduisant d’autant l’effet escompté par cet enchérissement.
De même que restent pertinentes dans leurs grands contours les conclusions de l’étude du Conseil de la concurrence selon lesquelles dans les finances publiques, les produits pétroliers continuent de peser lourd en  absorbant la plus grande partie des dépenses de compensation en 2011: 83,6% , soit environ  44 milliards  du total alloué. Ces produits pétroliers subventionnés sont l’essence super, le gasoil, le fuel et le gaz butane. Cause principale pouvant expliquer la situation: le secteur n’est pas assez concurrentiel. Du moins ne l’est-il pas en partie car  une seule entreprise est active dans le raffinage (SAMIR). Ce qui n’est pas le cas de la distribution qui est assurée par 13 sociétés pétrolières et 14 sociétés de gaz. En sorte, notent les experts, que la subvention des produits pétroliers est passée de 7,4 milliards en 2006  (1,28% du PIB) à 44 en 2011, soit 5,6% du PIB. En comparaison avec le budget d’investissement public, l’évolution va du 1/3 à plus de 89%. Déjà insupportable dans un passé proche, cette dépense «qui  profite plus aux riches qu’à ceux pour lesquels  elle a été mise en œuvre, est proprement suicidaire dans le contexte de crise actuelle».
L’impact de cette situation sur certains secteurs économiques s’est  au demeurant accentué. C’est le cas du secteur des transports dont la consommation est évaluée à 34% du gazole distribué  et qui aurait bénéficié de plus de 7 milliards de subvention en 2011. Les conséquences sur la production électrique sont également  importantes avec 6,33 milliards , ainsi que sur  l’industrie avec 2,5. Cependant le réaménagement des prix à la pompe des carburants étant jugé inextensible pour le moment – encore que certains responsables n’aient pas fait mystère de leur intention d’aligner les prix du gazole sur ceux de l’essence- c’est le gaz butane qui se trouve en ligne de mire. Sa  charge de subvention est en effet de 13 milliards de dirhams. Mais outre qu’on ne voit pas le gouvernement ajouter de l’huile sur le feu social qui couve actuellement, un éventuel réajustement des prix de la bonbonne se heurte à un certain nombre de difficultés. La plus lourde étant celle liée à la mise  en place d’un amortisseur pour éviter les chocs en retour  de la part des classes les plus pauvres.

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