Services publics : le préalable social

Services publics : le préalable social

L’on ne peut escompter de grandes améliorations dans les conditions de vie des pauvres tant que ces derniers ne bénéficient pas d’un plus grand accès, à des prix abordables, à de meilleurs services de santé, d’éducation, d’eau potable, d’hygiène et d’électricité. Telle est la conclusion d’un nouveau rapport de la Banque Mondiale sur le lien entre services publics et développement économique et social des populations. Intitulé « Rapport sur le développement dans le monde 2004 : mettre les services de base à la portée des pauvres », ce document révèle que sans de telles améliorations, les maladies et l’analphabétisme –deux maux à éradiquer pour sortir les pauvres de leur condition-continueront d’être le lot de nombreuses couches démunies. Cette situation est de nature à rendre vains les efforts visant à atteindre les objectifs de développement. « Les services marchent lorsqu’ils profitent à tout le monde : quand les filles sont encouragées à fréquenter les écoles, quant les enfants et leurs parents participent à l’effort d’éducation, lorsque la collectivité prend en charge son système d’hygiène et d’assainissement». C’est ce qu’a indiqué James D.Wolfenson, président de la Banque mondiale, dont les propos sont relayés dans un communiqué de l’organisme qu’il dirige. S’agissant de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) à laquelle appartient le Maroc, l’étude reconnaît que la région dépense pour l’éducation publique plus que toute autre région en développement. Mais paradoxalement, c’est la région qui compte les taux les plus élevés d’analphabétisme chez les jeunes. Le rapport explore trois méthodes par le biais desquelles les services de base pourront être améliorés. Il s’agit d’accorder un plus grand choix dans la fourniture des services, afin de leur permettre de contrôler et sanctionner les prestataires, en amplifiant la voix des citoyens pauvres, par les urnes mais aussi par un meilleur accès à l’information en récompensant les bonnes prestations et en sanctionnant les mauvaises. Mais toutes ces mesures ne peuvent aboutir sans butter sur le débat relatifs aux secteur publics et privés où on met en opposition les services publics et les privatisations à grande échelle. Le rapport estime dans ce sens que ce serait une erreur de conclure que les pouvoirs publics devraient tout abandonner au privé. « Si les individus ne sont pas soumis à une forme de contrôle, ils ne fourniront pas les prestations de santé et d’éducation auxquelles la collectivité aspire », note l’étude. Ce rapport intervient à un moment où les pays riches ont promis de revoir à la hausse l’aide extérieure et les pays en développement sont engagés à améliorer leurs politiques et institutions. Et le rapport de conclure à cet égard que lorsqu’il y a amélioration au niveau des institutions et de politiques, ces aides devraient augmenter, et non pas être réduites.

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