Sociétés de Financement : évolution continue

Durant les deux années écoulées, la production du secteur du crédit à la consommation a connu une progression d’à peine un peu plus de 4% en moyenne pour atteindre 9,1 MdDH en 2002 portant l’encours global à 19,2MdDH. «Cette évolution timide tient d’une part à une prudence accrue dans l’octroi de crédit face à la baisse des marges combinée à la montée du risque, d’autre part à la concurrence exercée par les banques à des conditions très compétitives» estime Meriem Bellahbib, directeur de la Recherche de Wafa Bourse dans l’édition annuelle «Bilan&Perspectives». Cette production demeure largement dominée par les prêts non affectés qui représentent 74,5% de la production globale 2002, marquant une évolution de 6,9% comparée à un repli de -2,2% des prêts affectés. Quant au crédit-bail, l’encours du secteur a atteint 11,2 MdDH, en augmentation de 16,6% par rapport à 2001. Les financements de l’exercice ont totalisé près de 5,3 MdDH avec une progression de 6,4% imputable pour l’essentiel au crédit bail mobilier (+8,2%) qui en représente 88%, alors que la production du crédit-bail immobilier a régressé de 6,6%. La réglementation des sociétés de financement a franchi un cap crucial à l’occasion de la publication de la circulaire n° 19 de BAM relative aux normes de classification et provisionnement des créances en difficulté. Cette circulaire définit clairement les normes de classification, tout en incitant le secteur à y adhérer au plus tard à la fin du premier semestre 2003 avec un différé allant jusqu’à fin 2004 pour leur couverture en provisions. « Au registre des outils d’aide à la maîtrise du risque, les dispositifs internes propres aux sociétés de financement ont été renforcés par deux nouveaux systèmes d’aide à l’appréciation du risque (SAAR), auxquels adhèrent déjà plusieurs opérateurs du secteur » précise le bilan Wafa Bourse. Le premier outil consiste en une centrale de risque et regroupe l’ensemble des membres de l’APSF. Ce système permet aussi bien d’apprécier le risque en amont, que d’orienter les actions de recouvrement en aval. Mis en place par BAM, le second outil permet d’échanger les données relatives au niveau d’engagement des clients en vue d’éviter leur surendettement et de réduire ainsi leur probabilité de défaillance. Les potentialités de développement du crédit à la consommation demeurent importantes. Depuis l’année 2000, avec l’accélération de l’érosion des marges dans un contexte de tendance baissière des taux, conjuguée à l’impératif d’assainissement des portefeuilles et au relèvement substantiel du taux de provisionnement, les sociétés de crédit à la consommation ont vu leurs résultats régresser de manière significative. « Autant d’arguments lourds en faveur d’un mouvement de concentration surtout sur un marché formé d’une trentaine de sociétés dont l’essentiel est représenté par de petites structures, avec moins de 2% de part de marché » est-il mentionné. La course à la taille critique et/ou l’adossement à des groupes bancaires a été déjà enclenchée avec le rachat d’Eqdom par la Société Générale et sa fusion avec Sogécrédit. Mouvement auquel ne peuvent logiquement se soustraire à terme d’autres opérateurs. S’agissant du secteur du leasing, celui-ci, eu égard aux différents avantages qu’il procure, encore a de beaux jours devant lui, profitant des besoins d’investissements notamment des PME-PMI en liaison avec la mise à niveau dictée par le démantèlement douanier. S’adressant ainsi et pour l’essentiel à un segment de clientèle particulièrement exposé aux effets de la libéralisation, les sociétés de leasing sont amenées à faire preuve d’une plus grande rigueur dans la maîtrise du risque et du recouvrement. «Adossées dans leur majorité à des groupes bancaires, la dizaine de sociétés que compte le secteur du crédit bail devraient voir leur nombre diminuer à la faveur du mouvement de concentration qui s’annonce également pour les banques» conclut Wafa Bourse.

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