Surendettement : Mutisme coupable

L’APSB (Association Professionnelle des Sociétés de Finan-cement) vient de publier dans sa lettre mensuelle de février 2002 le montant des crédits alloués en 2001, par les sociétés de crédit à la consommation et celles de crédit-bail, à l’économie.
Le total distribué des crédits à la consommation est de 8,36 milliards de dirhams en augmentation de 4,1 % par rapport à l’année 2000. L’encours s’établit à 17,7 milliards de dirhams en augmentation de 4,3 % sur la même période. Par ailleurs la production de l’exercice 2001 des financements en crédit-bail est en évolution 10,2 % à un montant de 4,97 milliards de dirhams. Ces chiffres laisse plus d’un sur sa faim. En effet, tout le monde s’attendait à la publication de statistiques concernant le niveau de surendettement des ménages.
Le silence est de mise sur l’ampleur de cette crise patente depuis près de trois années. Sur toute cette période, aucune statistique n’a jamais été avancée ni par les professionnels du secteur ni par les autorités de tutelle. Cette opacité dans les pratiques à laquelle les financières s’était engagées à remédier par la mise en place d’une base de données commune relative au niveau d’endettement de leurs clients, sévit toujours puisque le projet même de la banque de données n’est pas encore lancé, semble-t-il.
Toutefois selon le même document « le projet de création d’un observatoire national du financement des ménages suit son chemin ». Au sein des milieux financiers, et cette fois-ci en interne, une étude a été élaborée. Cette dernière a pour ambition de déterminer des informations d’ordre quantitatif et qualitatif, indique la publication de l’Association.
Par quantitatives, le document entend, les informations relatives au recours au crédits. Celles qui sont considérées comme qualitatives, doivent résulter des comportements des ménages par rapport aux crédits. Cet organisme tentera de s’inspirer des observatoires opérant dans les systèmes étrangers. Il sera soumis aux commandes d’un comité scientifique, comprenant des personnalités «reconnues pour leur compétence et leur neutralité».
Le support ajoute que sur un plan plus concret, des prises de contacts ont été tissées avec des unités de recherches universitaires. Les travaux communs oeuvrent dans le sens d’une définition du statut de cet observatoire. De même, que les universitaires, à travers leurs études, détermineront les missions qui seront attribuées à cette structure. Cependant, il est clairement établi que les principaux principes devant régir l’observatoire national du financement des ménages. Il s’agit notamment de mettre l’accent sur la règle de l’indépendance, afin de poser les jalons, quant à la crédibilité de l’action et des travaux initiés par les membres.

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