Transport maritime : ça flotte ou ça coule

Transport maritime :  ça flotte ou ça coule

90% de la nourriture dans le monde, le carburant, les matières premières et les produits manufacturés sont livrés par voie maritime. Au Maroc, on parle d’un taux de plus de 95% pour les échanges commerciaux effectués par cette même voie.

Qu’arriverait-il en cas de dysfonctionnements et quels en sont les responsables? C’est le sujet sur lequel se penchent l’Association professionnelle des agents maritimes (Apram) et le Cluster maritime marocain (CMM), en collaboration avec le cabinet Lahlou – Zioui & Associés lors d’un long débat ayant animé, mercredi 24 septembre 2014, une journée d’étude autour de «La responsabilité des intervenants dans le transport maritime».

La flotte maritime marocaine est en mauvais état, les agents maritimes sont souvent tenus responsables des dysfonctionnements et la législation maritime marocaine est loin de contenir la totalité des enjeux. Pour cela, un conclave regroupant spécialistes, avocats et agents maritimes a eu lieu à Casablanca pour éclairer les divers intervenants sur le fonctionnement de toute la chaîne du transport maritime et apporter des réponses sur les limites et responsabilités de chacun.

Le président de l’Apram, Abdelaziz Mantrach, était on ne peut plus clair : «Avant, on nous faisait porter la responsabilité des armateurs. Aujourd’hui, il n’est plus question pour un agent maritime d’assumer les erreurs de tiers. Nous ne sommes que des mandataires». Faisant référence à tous les intervenants de la chaîne de transport maritime, Mantrach rappelle que cette journée d’étude s’inscrit dans la même lignée qu’une première organisée en 2003. Il explique également qu’en mettant au clair les devoirs et spécialités de ces intervenants on rendra service au commerce extérieur. «Il est impératif d’améliorer notre image de marque afin d’attirer les investisseurs».

Un point sur lequel Mahmoud Benjelloun, président du CMM, le rejoint en signalant qu’aujourd’hui ces investisseurs ont les regards braqués sur le Maroc. «Beaucoup de gens nous observent de l’étranger et considèrent qu’il est temps d’améliorer nos services. Cela passera d’abord par une responsabilisation de chaque maillon de la chaîne maritime».

Les spécialistes présents ont relevé l’état délabré de la flotte marocaine en insistant toutefois sur l’importance de la formation. C’est dans ce sens qu’intervient le CMM comme le souligne Mahmoud Benjelloun : «Quoique notre flotte soit en mauvais état, il faut continuer à former», insiste-t-il. Il est à noter que le CMM n’intervient pas uniquement dans ce volet, il se veut d’être promoteur des activités maritimes marocaines.

«Notre ambition est de couvrir le monde de la mer. On veut développer tout ce qui concerne la mer incluant la sensibilisation aux dysfonctionnements constitués au niveau de la législation maritime». Bien que jugé ambitieux, ce Cluster, en plus d’être une force de proposition auprès des décideurs, s’intéresse à la recherche scientifique, à la logistique maritime, à la navigation de plaisance, et même aux énergies marines renouvelables.

La journée d’étude organisée par l’Apram a mis en relief le rôle des différents intervenants de la chaîne de transport maritime et illustré les pratiques ainsi que les étapes de transport de la marchandise à l’import comme à l’export. La journée s’est conclue par une liste de recommandations qui sera adressée aux différents responsables, y compris les institutionnels.

10 millions de tonnes de marchandises voyages en conteneurs

Le poids des transports de marchandise par voie maritime dans le monde représente 9,1 milliards de tonnes, soit l’équivalent de près de 289 tonnes transportées via les mers chaque seconde. Selon l’Apram, le tonnage transporté est passé de 2,5 milliards de tonnes en 1970 à 8,7 milliards de tonnes en 2011. Mondialement aujourd’hui, 16% des échanges voyagent dans des conteneurs. Au Maroc, le taux des échanges conteneurisés est établi à 10%, soit environ 10 millions de tonnes de marchandises. Le reste, à savoir un peu moins de 90% des marchandises transportées par voie maritime est acheminé, en vrac. Il s’agit là de marchandises qui ne sont transportées ni par conteneur ni par ro-ro, sans emballage et sans désordre. Leur transport nécessite des navires spécialisés et une attention particulière.

On utilise généralement ce qu’on appelle des vraquiers ou bulkcarriers pour les solides et des citerniers ou tankers pour les liquides. Il est à également  noter que sur un total national du trafic marchandise d’environ 70.000.000 de tonnes, entre les importations et les exportations, le trafic vrac représente 80%. Le total des vracs s’élève à environ 55.000.000 de tonnes dont 34.000.000 de tonnes de vrac solide et 21.000.000 de tonnes de vrac liquide (voir graphe). A ce jour, et vu la spécificité de chaque marchandise, plusieurs difficultés persistent, notamment pour la manutention, l’arrimage et l’assujettissement des produits et font que les dommages et incidents ne soient pas rares.

Energies marines renouvelables: Ces oubliées qui rapportent gros

Sous-estimées, elles sont absentes des grandes rencontres et débats autour des énergies renouvelables. Elles sont pourtant en mesure de rapporter gros à l’économie nationale. C’est ce que pense  Mahmoud Benjelloun, président du Cluster maritime marocain (CMM), des énergies marines renouvelables. «Ces énergies sont complètement ignorées chez nous et personnes, ne soulève leur importance. La marée, la houle, les vagues, les vents de mer… tous ces éléments sont en mesure de générer des énergies. Les vents de mer sont forts, réguliers et donc beaucoup plus rentables, il est malheureux qu’on ne puisse pas en profiter», regrette Mahmoud Benjelloun. En effet, six technologies de production accompagnent ces énergies. Il s’agit de l’énergie éolienne offshore, l’énergie houlomotrice ou l’énergie des vagues, l’énergie hydrolienne c’est-à-dire celle des courants de marée, l’énergie thermique des mers, l’énergie osmotique qui est une technique de séparation de l’eau douce et de l’eau salée par une membrane et l’énergie marémotrice. L’investissement du Maroc dans ces technologies reste faible vu le coût qu’elles engagent mais les spécialistes estiment que ce coût est appelé à devenir compétitif vu l’augmentation des prix des énergies fossiles et du coût environnemental de l’émission de carbone.

 

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