Un pivot pour le tourisme rural

Le développement du tourisme rural est tributaire des ressources humaines. Or, actuellement, le Maroc dispose d’un seul établissement de formation basé dans la région d’Azilal. Ce centre dédié aux métiers de montagne, installé depuis en 1987 à Tabant, a formé jusqu’à présent environ 400 guides. Seuls les jeunes disposant d’un niveau bac peuvent y accéder. La durée de la formation s’étend sur sept mois, après quoi l’étudiant peut exercer le métier de guide de montagne.
Géré paradoxalement par le ministère de l’Intérieur, ce centre a pu voir le jour grâce au programme de coopération française «Projet du Haut Atlas central».
Avant l’adoption la loi 30-96 en 1997 portant statut des accompagnateurs de tourisme, des guides de tourisme et des guides de montagne, la profession souffrait d’une anarchie. L’entrée en vigueur de ce Dahir en 1997 a permis de pallier cet état de fait.
En effet, conformément à l’article 2 de cette loi, «le guide de montage est une personne physique dont la fonction principale est d’accompagner, guider et assister les touristes au cours d’excursions ou de randonnées en montagne, à pied,  à dos de bêtes ou à bord de véhicules de transport appropriés». Cette définition différencie cette catégorie des guides touristiques qui assiste le touriste sur la voie publique et les sites touristiques (article premier). Cependant, elle suscite la grogne des guides accrédités dans la mesure où elle exclut la possibilité pour le guide d’offrir des services d’escalade, d’alpinisme ou de ski.
En outre, certaines dispositions de cette loi sont également contestées par l’Association nationale des guides et des accompagnateurs en montagne au Maroc (ANGAM). Selon certains membres du bureau de cette association basée à Marrakech, l’exclusion de ces trois possibilités limite le champ d’action des guides. Pis encore, les guides de montagne souffrent, toujours selon l’ANGAM, des poursuites de la brigade touristique chaque fois qu’ils accompagnent en fin de séjour leurs clients dans les villes.
Pour mettre de l’ordre dans cette profession, le ministère de Tourisme a organisé un concours en décembre de l’année 2002 pour le compte de 110 candidats pour devenir titulaire du titre du guide de montagne. Sur le plan juridique, le Maroc compte actuellement environ 300 guides accrédités.
Le développement du tourisme rural n’est pas seulement lié aux exigences d’identification de sites touristiques et à l’encouragement des gîtes d’étapes, des maisons d’hôtes et des auberges.
La mise à niveau de la profession des guides de montagne reste un préalable incontournable pour insuffler une dynamique à cette niche de tourisme à fort potentiel.

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