Un tremplin vers l’export

Un tremplin vers l’export

Bonne nouvelle pour les PME-PMI. Ces entreprises qui, il y a quelque temps, ne savaient à quel saint se vouer, voient, aujourd’hui, s’ouvrir de nouveaux horizons. Jeudi dernier, une réunion a eu lieu entre l’Association de la distribution moderne, qui regroupe Acima, Marjane, Belle vie et Asswak Assalam, et la Fédération des PME-PMI. Objectif : étudier les outils à mettre en place pour permettre à la PME-PMI marocaine, principal fournisseur des grandes surfaces, de s’adapter à l’évolution rapide de la grande distribution au Maroc. Comment ? D’abord, en renforçant sa capacité à fournir des produits de qualité et en quantité suffisante. Car dans les rayons des grandes surfaces, les articles exposés sont, pour la plupart, des articles importés de l’étranger. Même les produits vedettes du Royaume, comme l’orange, sont concernés par ce problème d’approvisionnement. « Comment se fait-il que l’on importe l’orange, alors qu’on est un pays producteur de ce type de fruits», s’interroge-t-on au sein de l’association. Plus encore, dans certaines familles de produits, dont la Chine en est le principal fournisseur, les importations dépassent les 50 %.
À terme, et à en croire les initiateurs de ce projet, les marques marocaines risquent de disparaître des rayons. Conscients du danger que représente la montée en puissance des importations, due à l’ouverture des frontières, les deux acteurs essayent de trouver la bonne recette pour bouster les ventes des produits marocains au niveau national, mais aussi international. À travers cette nouvelle forme de partenariat, la première du genre au Maroc, les deux groupements comptent s’appuyer sur le réseau très large de l’enseigne française Auchan, plus de 1000 supermarchés de par le monde. Soutien logistique de rêve qui va non seulement faire valoir les produits marocains à l’étranger, mais permettra aussi aux PME-PMI, qui n’ont jamais exporté auparavant, de doper leurs chiffres d’affaires à l’export. Une aubaine en or pour ces petites structures, longtemps délaissées. C’est dans cet esprit-là que les professionnels des deux secteurs prévoient l’organisation, au mois d’octobre prochain, de la «Quinzaine du Maroc en France». Une opération marketing de taille, prévue dans les points de vente d’Auchan, et qui touchera essentiellement les produits de l’artisanat et de l’agroalimentaire. Mais, bien avant, les PME-PMI devront réussir un test pour passer par ces canaux. Une équipe d’Auchan se rendra au Maroc pour sélectionner les fournisseurs potentiels sur la base d’un cahier des charges. Parmi les critères retenus : le respect du délai de livraison et de la quantité demandée.
Dans ce plan d’action, il est prévu aussi l’élaboration et le développement d’une charte d’éthique. « Les grandes surfaces sont des donneurs d’ordres. Nous souhaitons tous, dans le cadre de ce partenariat, établir une charte d’éthique. Des principes à respecter par les deux parties », a expliqué Hamad Kessal, président de la Fédération des PME-PMI, visiblement très séduit par ce projet. Exemple : les grandes surfaces doivent exiger des PME un certain nombre de conditions à respecter, telles que les normes de qualité, la cotisation, le respect de l’hygiène et des droits du consommateur … Et ce n’est pas tout. D’autres projets sont en gestation. Il s’agit de la création d’un comité mixte qui regroupera les PME et les grandes surfaces et dont la mission sera de définir les grandes priorités. Reste le problème du financement. Boudée par les banques, la Fédération des PME-PMI est, depuis presque un an, en discussions avec le Groupement professionnel des banques marocaines pour mettre sur pied une charte banques-PME. «Nous sommes pour de nouvelles formes de partenariat et un dialogue serein. Ceux qui sont pour, nous allons les soutenir. Quant aux canards boiteux, ils n’ont qu’à disparaître », tranche Kessal. Décidément, les temps ont changé, le ton aussi.

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