Zones oasiennes, une économie qui se développe

Zones oasiennes, une économie qui se développe

Entretien avec Ibrahim Hafidi, directeur général de l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA)

Nous sommes en phase avec les objectifs fixés. En termes de plantation, le contrat programme prévoit 3 millions de plants plantés d’ici 2020, aujourd’hui nous sommes à 1,8 million de plants.

ALM : Les zones oasiennes jouent un rôle primordial dans la mise en œuvre de la stratégie de l’ANDZOA. Qu’est-ce qui a été fait dans ce sens ?

Ibrahim Hafidi : En ce qui concerne la filière des dattes, l’agence accompagne le déploiement du contrat programme établi à l’horizon 2020.  L’Etat a défini depuis 2010 une feuille de route pour le secteur portant sur un financement de 7 milliards de dirhams et des objectifs très clairs. Il faut dire que c’est un programme qui prend son chemin. Nous sommes en phase avec les objectifs fixés. En termes de plantation, le contrat programme prévoit 3 millions de plants à planter d’ici 2020, aujourd’hui nous sommes à 1,8 million de plants. C’est un résultat probant. Il en est de même pour la production dont le volume ne dépassait pas les 90.000 tonnes avant le démarrage du Plan Maroc Vert. Nous avons atteint un record l’année dernière, soit un volume de production de 128.000 tonnes. Cette année nous nous situons autour de 120.000 tonnes. Les indicateurs sont en progression sensible. L’amélioration que nous observons aujourd’hui est le fruit du travail de l’ensemble des acteurs ainsi que de l’encadrement apporté aux producteurs, notamment les petits.

Qu’en est-il de la réhabilitation des oasis traditionnelles ?

Là aussi un important progrès est à relever. Les oasis traditionnelles représentent une superficie de 48.000 hectares, et ce de Figuig jusqu’à Guelmim, en passant par Drâa-Tafilalet. Le programme prévoit également la plantation de 17.000 hectares de fermes modernes. Il y a une forte dynamique qui s’opère dans ce sens, notamment au niveau de Meski Boudnib. Nous avons planté à ce jour 3.000 hectares dont 2.000 hectares sont prévus pour l’année prochaine. Rien que dans cette zone plus de 20.000 hectares sont déjà loués.

Quelles sont les caractéristiques des fermes modernes ?

Ce sont de nouvelles exploitations de palmier dattier qui viennent moderniser le secteur phoenicicole. Le but étant de répondre aux exigences du marché aussi bien national qu’international. D’où la nécessité de préserver les variétés existantes et assurer la biodiversité. Dans ce sens nous avons déterminé des exigences de plantations. Les producteurs sont obligés de planter 70% du Majhoul et 30% des autres variétés. Comme ça si jamais une maladie attaque nos exploitations, au moins une partie de la récolte est préservée. 

D’un point de vue plus global, comment se déclinent les missions de l’agence ?

L’agence a pour principale mission de dynamiser le développement territorial dans les zones oasiennes et arganeraie. Nous fédérons dans ce sens tous les acteurs locaux, à savoir  collectivités locales, autorité, institutions et société civile. Depuis la création de l’agence nous avons installé des structures de proximité dans les différentes provinces relevant de nos zones d’action. De même, nous avons élaboré un programme de développement plus détaillé pour ces zones qui étaient en deçà de la moyenne nationale en matière de développement humain. Cette feuille de route a été présentée au Souverain à Errachidia en 2013. Et c’est à partir de cette date qu’on a commencé l’exécution.

Où en êtes-vous en termes de résultats ?

Le programme tourne autour de deux objectifs principaux, à savoir atteindre la moyenne nationale de développement humain en 2016 et arriver à la moyenne internationale en 2020. Les résultats sont satisfaisants sur l’ensemble des indicateurs. En matière de pauvreté, nous sommes arrivés à la moyenne nationale en 2014.  En se basant sur les statistiques du HCP, nous sommes passés de 14 à 9% qui était une moyenne nationale en ce moment-là. En matière de PIB, nous sommes passés de 84 milliards de dirhams en 2012 à 112 milliards de dirhams actuellement. Notre objectif est d’atteindre les 200 milliards de dirhams en 2020. En ce qui concerne l’emploi, nous avons réussi à créer 30.000 emplois depuis 2012, soit un élan en nette progression.  En termes d’électrification, nous avons dépassé également la moyenne nationale qu’on s’est fixée. Nous sommes aujourd’hui à 99% d’électrification rurale. Nous nous situons également autour de la moyenne nationale en termes d’accès à l’eau potable, soit un taux de 80%. Nous avons atteint le même taux en matière de désenclavement.

Comment évaluez-vous l’enseignement et la santé dans ces zones ?

L’enseignement primaire a été généralisé et ce malgré les problèmes rencontrés dans certaines communes. Pour limiter la déperdition scolaire dans ces zones surtout celle de la fille rurale, nous avons œuvré à assurer le transport scolaire pour l’ensemble des élèves et avons également créé des maisons de l’étudiant.  Par contre en matière de santé, il y a un important déficit à rattraper.  Nous n’avons toujours pas atteint la moyenne qu’on s’est projetée surtout en ce qui concerne deux indicateurs principaux. Ainsi, nous sommes  à peine à 6,4 lits pour 10.000 habitants alors que notre objectif portait sur une moyenne de 11 lits. Le nombre de médecins par 10.000 habitants reste également très faible dans toutes les provinces des régions.

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