Employabilité : L université condamnée à sortir du campus

Employabilité : L université condamnée à sortir du campus

Repenser de manière efficace les politiques de réforme de l’enseignement supérieur pour assurer un surcroît d’employabilité aux diplômés, le sujet ne pouvait laisser indifférent à l’heure où le chômage des jeunes diplômés inquiète en menaçant la paix sociale. Mais ce n’est pas cette inquiétude que la conférence régionale, organisée à Rabat par le groupe de la Banque africaine de développement (BAD) en partenariat avec le British Council, l’Isesco et le ministère de l’enseignement supérieur, a cherché à faire partager aux représentants de la vingtaine de pays de la région Mena qui y ont pris part. La conférence qui s’inscrit en droite ligne de la stratégie de la banque dans les Etats de la région de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (MENA), a pour particularité essentielle de «cadrer avec le nouveau modèle d’éducation en Afrique (NEMA)». Un modèle, a-t-il été dit au sein de la conférence, qui a été rendu nécessaire du fait que l’employabilité des jeunes est devenue un des problèmes majeurs dans la région. Avec l’accroissement démographique, celui du nombre des scolarisés et l’allongement de la durée des études – la poussée de la scolarités, selon les experts –, «on assiste de plus en plus à une massification de l’enseignement supérieur dans un contexte où le système éducatif, peu préparé, n’est toujours pas capable de doter efficacement les diplômés des compétences requises pour s’insérer avec succès dans le marché du travail». En fait, pour les organisateurs de la conférence, juguler les effets ravageurs qu’une telle situation pourrait avoir sur les plans social, économique et politique des pays de la région Mena impose de «miser sur le développement des compétences en réponse aux besoins du marché». Ils ont donc assigné à la conférence sur l’employabilité trois axes majeurs de réflexion. Le premier consiste en une analyse critique et à des discussions sur la problématique de l’enseignement supérieur et les types de relations à développer entre l’Etat, les universités et les employeurs. La seconde ligne directrice suit la présentation des bonnes pratiques et des meilleures expériences concernant la vision et la gestion de l’interaction entre l’Etat et les tiers. «Le but étant de voir dans quelle mesure les leçons tirées de ces expériences pourraient inspirer les pays de la zone Mena». La troisième idée centrale est de provoquer des échanges entre le panel le plus large d’experts et d’employeurs sur les approches de l’employabilité, de promouvoir le partenariat entre l’université et le monde du travail et d’émettre les recommandations conduisant à la mise en place de politiques pertinentes.
Le but ultime de ces approches étant de susciter, en le consolidant, le dialogue sur la réforme de l’enseignement supérieur et de permettre une plus grande compréhension des enjeux et des défis de cet enseignement dans la région. Le but est également d’assurer un meilleur positionnement de la BAD dans le système de réflexion s’agissant de l’ouverture de l’université sur son environnement et d’aménager les conditions d’un plus grand partenariat avec le British Council.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *