Hamza Chraibi : «La plupart des Marocains subissent leur avenir au lieu de le créer»

Hamza Chraibi : «La plupart des Marocains subissent leur avenir au lieu de le créer»

Entretien avec Hamza Chraibi, président et fondateur d’Arab Excellence

La performance est- elle une conquête ou un acquis ? C’est à cette question que répondent les vidéos de Hamza Chraibi, jeune actif rbati, président et fondateur de l’association Arab Excellence. Sur ces vidéos, des modèles d’excellence, faisant partie du monde arabe en général, témoignent de leur parcours et partagent leur réussite, au profit d’un auditoire diversifié et en quête d’inspiration. Pour Hamza, l’objectif a toujours été clair. Considéré par plusieurs professionnels et formateurs en tant qu’ambassadeur de la réussite, il inspire ses pairs à atteindre, chacun, le sommet de sa propre expérience.

ALM : Comment s’est concrétisée votre idée de devenir «ambassadeur d’excellence» ?

Hamza Chraibi : L’idée d’«Arab Excellence» est née en 2012. C’est là que j’ai compris ce que j’avais vraiment envie de faire. Avant, je travaillais dans une banque internationale. J’ai fait des études en finance, parce que c’était le meilleur parcours à suivre à l’époque, mais ce n’était pas forcément ce dont j’avais envie. Le fait de vivre à l’étranger m’a permis de comprendre qu’il y avait toujours des préjugés et des appréhensions quant aux aptitudes des Arabes dans le monde en général, ce qui laisse place à une grande confusion. Pourtant, je voyais des noms arabes briller à l’échelle internationale et dans différents domaines : affaires, art, sport, etc. Au départ, il était question de comprendre comment ces profils avaient réussi et ont atteint leurs performances. Après la mise en place de quelques vidéos, il fallait partager ses expériences et inspirer la jeune génération à donner le meilleur d’elle-même.

D’après les recherches et les interviews effectuées par Arab Excellence, comment atteindre la performance ?

Ce que les­­ jeunes doivent comprendre, c’est que la performance n’est pas un acquis. C’est une conquête. Chaque personne peut être la meilleure, il suffit qu’elle soit dans son élément, qu’elle fasse ce à quoi elle aspire, en se donnant les moyens qui le permettent.
Bien entendu il faut avoir une vision définie, et une feuille de route à suivre. Malheureusement la plupart des jeunes actuellement au Maroc subissent leur avenir au lieu d’en être les créateurs. Beaucoup attendent que les conditions soient favorables afin de pouvoir «décoller». Ce n’est pas la bonne démarche à suivre. Pour réussir, Il faut être proactif et être soi-même un acteur de changement.

La motivation est-elle suffisante pour atteindre l’excellence ?

En effet, on parle beaucoup de motivation quand il s’agit de réussite. Mais ils ne sont pas indissociables. C’est très simple, une personne peut être très motivée et très enthousiaste, mais sans vision et sans feuille de route le résultat peut ne pas suivre. Quand on parle d’excellence, on évoque aussi le travail acharné, la persévérance et l’endurance. Il faut surtout mettre les idées au clair, dessiner un chemin à suivre, des étapes à dépasser et une stratégie d’approche qui relie tous ces éléments.

Comment Arab Excellence compte-t-elle procéder au Maroc ?

Un programme est actuellement en pleine expansion au Maroc. Il est représenté par des «Bootcamps» (camps d’excellence), qui sont organisés avec le soutien de la Bourse de Casablanca. Les établissements publics sont nos principales cibles. Nous avons déjà connu la participation des élèves du lycée Al Bardouzi de Salé en janvier dernier, et les étudiants de l’Université des sciences économiques et sociales en avril. Au début, chaque participant doit faire face à une question primordiale : quel est ton rêve ? Pour les inspirer, plus de 75 modèles de réussite ont été interviewés et filmés, dont Nezha Bidouane et Mohed Altrad. Ce dernier, un orphelin bédouin ayant grandi dans le désert syrien, est actuellement titulaire du titre d’Entrepreneur mondial de l’année 2015.
Ensuite, chaque participant présente, avec aisance et confiance en soi, sa propre feuille de route qui trace le plan d’action à suivre. Pour le moment, les Bootcamps ne sont pas réguliers. Une troisième expérience est prévue en septembre.

Voyez-vous un impact immédiat sur les jeunes participant aux Bootcamps ?

Au début, les élèves sont plutôt confus. La plupart restent silencieux et hagards quand on leur demande de définir leurs rêves. En visionnant les vidéos, ils sont tous surpris par l’histoire de Mohel Altrad, en particulier. Ensuite, les étudiants réalisent en petits groupes un exercice de « Success Case Studies ». Cet exercice permet l’analyse des facteurs de succès de différents modèles de réussite. Des facteurs qui peuvent être communs et qui permettent de mettre en place un plan d’action régissant la route à suivre pour atteindre sa vision. A la fin du «Bootcamp», on a l’impression de se retrouver devant de nouvelles personnes. Les étudiants sont confiants et déterminés. Ils argumentent leurs feuilles de route avec beaucoup de conviction et d’assurance.

Pour ma part, j’ambitionne d’intégrer ce genre de programmes dans le parcours éducatif des jeunes d’aujourd’hui. Actuellement, la jeunesse marocaine a besoin de comprendre que la réussite est à la portée de tout le monde. Et surtout, pour les élèves d’aujourd’hui, ils doivent comprendre qu’il est important de prendre en main leur futur et qu’ils doivent être responsables de la construction de leur propre avenir. Ce n’est que par cette voie qu’ils deviendront acteurs de grands changements.

Propos recueillis par
Maryem Laftouty
(journaliste stagiaire)

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