Éditorial : Les Fatwas de l’obscurantisme

Depuis quelque temps certains prêcheurs fanatiques dans quelques mosquées ont opéré un virage dangereux vers la violence. Au lieu d’apprendre aux croyants les préceptes de l’islam, ils persistent à verser dans un discours de fondamentalisme politique des plus obscurantistes. La tolérance, la liberté et les droits humains sont décriés par ces théologiens comme relevant de l’apostasie.
La démocratie est ainsi assimilée à un vecteur de tous les vices et de tous les maux de notre société qu’ils clament haut et fort. Ces thèses extrémistes ont malheureusement été inculquées à des jeunes désorientés qui ont fini par passer à l’acte. La salafia a été vidée de son sens religieux pour se transformer en une guérilla urbaine qui prône les meurtres et la lapidation de gens innocents. Or cette doctrine a été détournée de ses vraies valeurs qui reposent sur le coran et la sunna pour devenir une idéologie extrémiste et rétrograde. La purification de l’esprit et du corps a cédé le pas devant un discours politique faussement argumenté par un islamisme politique qui ne dit pas son nom. Il faut convenir que cette dérive dans les mosquées a été tissée par la négligence, voire une tolérance complice et l’adoption du wahhabisme par l’ancien ministre des Habous et des affaires islamiques, Abdelkebir Mdaghri Alaoui. Un ministre qui a été tellement grisé par sa longévité à la tête de ce département qu’il s’est carrément positionné dans son camp en épousant cette idéologie. Dans plusieurs de ses déclarations à la presse, il n’a aucunement caché ses affinités avec les islamistes et l’a démontré par les actes en s’opposant à la réforme de la Moudawana.
Cet alignement d’un ministre censé être neutre a poussé certains oulémas à sortir de leur coquille pour concocter des Fatwas. Il faut avouer que les pouvoirs publics ont longtemps tergiversé avant de prendre les choses en main et déférer ces prêcheurs de l’extrémisme devant la justice. Le religieux a longtemps voilé le politique et surtout la violence qui se cachait derrière la bannière de la légalité. Il a fallu attendre l’année dernière pour découvrir que le salafisme pacifiste a été falsifié par la salafia Jihadia. Un mouvement extrémiste dont les membres n’ont pas hésité à commettre des meurtres au nom de l’islam oubliant que la religion de la vérité prône la tolérance et le respect de l’être humain.
C’est à juste raison que SM le Roi, Commandeur des croyants, a rappelé au cours d’une réunion à Kuala Lumpour que l’islam de la tolérance interdit le meurtre.
Le souverain avait tenu à rappeler ce verset du Coran qui dit que celui qui tue un homme, c’est comme s’il a tué l’humanité entière. C’est dire combien les fanatiques de la salafia Jihadia agissent d’une manière aveugle jusqu’à commettre des actes contraires à l’islam, à l’éthique et au respect de l’être humain. Normal donc que l’Etat applique la loi pour sanctionner les ennemis de la démocratie, de la liberté et de la dignité humaine. La politique a ses enceintes qui sont les partis et les institutions. Si la religion figure dans la constitution, c’est justement pour éviter que certains la manipulent avec les instruments de l’ignorance d’un temps révolu.

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