Le malaise des politiciens

L’Association « Alternatives » est une habituée des ouvertures de bal. Cette fois encore, elle aura été la première à s’engouffrer dans la brèche désormais pratiquable du pré-électoral. Jeudi 6 décembre, « Alternatives » organisait un meeting à Casablanca sous le thème tout trouvé de « où va le Maroc ? les grands enjeux face aux échéances 2002 ». L’occasion était en or pour décortiquer une énième fois l’action gouvernementale actuelle et les contraintes à la réalisation de ses programmes, pour revenir en long et en large sur l’absence de coordination entre les composantes de l’exécutif, ce qui n’a pas permis d’élaborer un projet de société et un programme de changement démocratique avec des objectifs clairement définis. Ceci n’empêche pas les intervenants d’espérer toujours, à quelques encablures des élections, une sorte d’ « intifada » pour dégager la « maturité politique» qui manque au Maroc afin de sauvegarder ses acquis démocratiques. Qui dit recherche de maturité politique, sous-entend cafouillage juvénile, non coordination dans le discours, non adaptation du discours avec les actes, accusations à peine enrobées que les intervenants de bords et d’autres se sont échangés avec l’amabilité qui sied aux cénacles de pensée profonde. Et les socialistes eurent le mérite de dégager l’idée tout indiquée pour ce lieu de convergence, qui eût un air de reproche tout droit adressé à leurs « alter-ego » du gouvernement. Il s’agit de promouvoir un civisme politique. Un apprentissage d’une « politique citoyenne » qui subordonnerait les intérêts partisans aux intérêts de la nation. A bon entendeur … L’entendeur, représenté ce soir-là par le pacifiste Larbi Messari, membre du comité exécutif de l’Istiqlal, n’a pas jugé bon de répondre, préférant bifurquer sur le terrain du multipartisme pour un Maroc musulman, arabe et amazigh ouvert sur son environnement externe. Les Rnistes, ayant tout de même aligné leur patron Ahmed Osman préfèrent eux commencer par les bonnes nouvelles. Des avancées dans le domaine des droits de l’homme, la mise en place de la nouvelle conception de l’autorité, la régionalisation, les libertés publiques, la lutte entamée contre « certaines pratiques malsaines » etc. Seulement, le revers de la médaille, carte tout à fait jouable en conjoncture pré-électorale est aussi là. Pauvreté, chômage, dégradation du monde rural etc. La solution ? une meilleure répartition des tâches ministérielles, ce qui « évitera de tomber dans le vide ». Même son de cloche chez les représentants du PPS, qui soutiennent mordicus que le gouvernement de transition est victime de ceux qui « ne veulent pas le changement et ne veulent pas que le Maroc intègre la modernité et le progrès démocratique ». Pour faire face à ces courants, il faudra sans doute un front commun, une union que le PPS et le PSD se proposent de lancer, tout en la laissant bien entendu ouverte à l’USFP. Chacun ses soucis, le Front des forces démocratique veut, lui, tout d’abord plaider pour des élections à deux tours, « de nature à dégager une majorité sur la base d’un programme politique, économique et social ».

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