Le Maroc met en garde contre le pourrissement de la situation sécuritaire dans la région sahélo-saharienne

Le Maroc met en garde contre le pourrissement de la
situation sécuritaire dans la région sahélo-saharienne

L’alerte rouge est levée. Les disciples du terroriste Ben Laden rôdent, le poing sur la gâchette, dans la région du Sahel. La mafia du trafic d’armes est en train de monter, dans cette immensité désertique, un grand réseau pour écouler sa marchandise. L’édification maghrébine ne peut avancer en traînant aux pieds un vieux boulet, soit le conflit plus que trentenaire et qui plus est monté de toutes pièces autour du Sahara. La paix, qui a pris réalité dans les eaux de la Méditerranée, aura du plomb dans l’aile aussi longtemps que se perpétuera ce conflit factice. La prospérité, appelée des vœux et luttes par les peuples de la région, serait sans lendemain si rien ne fait bouger les sables du côté des camps de Lahmada. Le diagnostic est, évidemment, accablant. Et il a été, dûment et lucidement, livré lundi dernier par le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, dans un entretien à la chaîne française d’information en continu « LCI », la première en son genre après la baisse de rideau sur le troisième round de négociations sur le Sahara. «Il est important qu’on ne puisse pas laisser pourrir davantage la situation, donc la réponse à la question du Sahara devient davantage impérative dans un contexte extrêmement délicat, complexe et exposé au terrorisme», a souligné le chef de la diplomatie marocaine à la télévision française, qui a consacré un reportage aux dangers d’un non-règlement du problème du Sahara. «Au Sahel, la menace grandit. On l’a vu avec le mitraillage de Français en Mauritanie et l’arrestation à la veille du week-end de leurs assassins qui se revendiquent d’Al Qaïda», a relevé la chaîne française, précisant que «les experts estiment que plus de 600 disciples de Ben Laden arpentent cette zone largement désertique». «Cette menace qui gagne du terrain n’a pas fait bouger un seul grain de sable dans le vieux conflit du Sahara qui dure depuis plus de trente ans et qui oppose le Maroc au Polisario, soutenu, armé et hébergé par l’Algérie», constate la chaîne. Or, tant qu’à parler de l’Algérie, ce pays a-t-il vraiment appréhendé les conséquences qui découlent de la perpétuation du conflit ? À la démarche innovante et à l’esprit d’initiative dont fait preuve le Royaume pour tourner la page, couronné par l’élaboration d’une proposition d’autonomie audacieuse et crédible, le voisin de l’Est, partie prenante réellement au conflit, continue d’opposer des thèses figées, voire fossilisées. C’est à se demander si les responsables de ce pays voisin sont véritablement conscients des conséquences désastreuses que peut générer le maintien du statu quo non seulement
sur le volet des relations bilatérales, mais à l’échelle de toute la région. «Nous n’arrivons pas à résoudre ce problème (Sahara). Nous n’arrivons pas à normaliser les relations bilatérales. Nous n’arrivons pas à construire le Maghreb», a déploré Taïeb Fassi Fihri. Que reste-t-il encore face à cette situation ? L’espoir, que continue d’incarner l’offre d’autonomie proposée par le Royaume qui ne ferme pas la porte aux négociations. L’initiative marocaine, qui a été saluée doublement par le Conseil de sécurité (Résolutions 1754 et 1783), s’avère aujourd’hui la seule et unique alternative à la situation de crise voulue et entretenue par l’autre partie qui aurait mieux fait de lever sa tutelle sur le Polisario, en laissant la population sahraouie séquestrée à Tindouf se prononcer librement au sujet de l’offre présentée par le Maroc. N’est-ce pas là la forme réelle de l’autodétermination ?

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