L’Istiqlal rejette l’offre du chef de gouvernement désigné

L’Istiqlal rejette l’offre du chef de gouvernement désigné

Le PI annonce dans son journal que Saâd Eddine El Othmani ne peut plus compter sur le soutien du parti au Parlement

Le journal du PI affirme que le deal concernant le soutien du parti de l’Istiqlal à la majorité conduite par le PJD au Parlement ne tient plus vu que les faits et le contexte ont changé aujourd’hui avec l’annonce de la nouvelle majorité gouvernementale.

Saâd Eddine El Othmani voulait-il des ministres istiqlaliens dans son cabinet ? Même en disposant d’une majorité confortable avec les 240 parlementaires des partis du RNI, du MP, de l’USFP et du PPS, le chef de gouvernement désigné comptait également sur l’appui du parti de la balance au Parlement et au gouvernement.

Quelques heures après l’annonce, la nouvelle majorité en compagnie des dirigeants des cinq autres partis, El Othmani a pris contact avec la direction du parti de l’Istiqlal. Seulement voilà, les responsables istiqlaliens ont tout simplement rejeté l’invitation du chef de gouvernement désigné. Le membre du comité exécutif et représentant du parti de la balance à la commission des consultations avec le chef de gouvernement désigné, Bouamar Taghouane, a confirmé l’information. «M. El Othmani voulait se réunir dimanche avec les représentants de l’Istiqlal mais la réunion n’a pas eu lieu vu que M. Soussi, membre de la commission, était en déplacement à Marrakech alors que j’étais moi-même hors de la capitale», a-t-il affirmé rejetant par la même occasion des raisons politiques derrière le refus de cette invitation. Soit. Mais si la rencontre n’a pas eu lieu pour un empêchement indépendamment de la volonté des concernés pourquoi les deux parties n’ont pas fixé tout simplement un autre rendez-vous? Taghouane affirme dans une déclaration de presse que la commission des négociations n’est pas habilitée à changer la position officielle du parti. Mais il s’agit d’une réaction pour le moins différente, voire contradictoire avec la réponse du journal arabophone «Al Alam», porte-parole du parti de la balance. Dans un édito, le journaliste affirme que le deal concernant le soutien du parti de l’Istiqlal à la majorité conduite par le PJD au Parlement ne tient plus vu que les faits et le contexte ont changé aujourd’hui avec l’annonce de la nouvelle majorité gouvernementale. «Le PJD n’a plus besoin du soutien du parti de l’Istiqlal pour le prochain gouvernement vu que le chef de gouvernement dispose d’une majorité confortable à la première Chambre», lit-on dans le journal. «Les voix des parlementaires de l’Istiqlal ne peuvent être en aucun cas des boucliers et des pneus de secours utilisés juste en cas de besoin», a ajouté la même source. Quoi qu’il en soit, le chef de gouvernement avait la possibilité d’intégrer quelques figures istiqlaliennes au sein de son cabinet. Ce scénario avait été envisagé lorsque Abdel-Ilah Benkiran était encore chargé de former une majorité gouvernementale. Il faut dire cependant que le parti de l’Istiqlal se trouve actuellement à la croisée des chemins.

Le bras de fer entre le secrétaire général du PI, Hamid Chabat, avec un nombre considérable des figures du même parti se poursuit toujours et semble même prendre une tournure plus importante. La majorité des membres du comité exécutif a été interdite d’accès au siège du PI à Rabat afin de tenir une réunion. La rencontre a finalement eu lieu au domicile de l’homme fort de l’Istiqlal dans la région du Sud, Hamdi Ouled Al Rachid. Cette réunion a connu la participation de la majorité des membres du comité exécutif du parti. Ces mêmes responsables qui avaient diffusé auparavant un communiqué remettant en cause la gestion de Chabat pour les affaires du parti. Même les membres des deux groupes parlementaires du parti au Parlement semblent critiquer le secrétaire général. Les présidents des groupes parlementaires dans les deux Chambres étaient d’ailleurs présents lors de la réunion tenue au domicile de Hamdi Ouled Al Rachid. Alors qu’aucune date officielle n’a encore été annoncée pour le prochain congrès national du parti, la cohésion du parti semble plus que jamais menacée par les tensions internes.

A noter que le congrès a été déjà reporté une première fois sachant que Chabat a annoncé sa volonté de briguer un nouveau mandat, le deuxième consécutif à la tête du PI. Pour le moment, seul Nizar Baraka, petit-fils du fondateur, fait office de challenger potentiel.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *