octobre 21, 2018

 

Sahara : De nouvelles discussions en décembre ?

Sahara : De nouvelles discussions en décembre ?

Des sources diplomatiques annoncent que des invitations ont été envoyées, notamment aux Algériens

Après l’invitation de l’émissaire onusien, la réaction de la partie algérienne sera très suivie, elle qui a toujours répété sur tous les toits qu’elle n’est pas concernée par le dossier du Sahara.

L’émissaire de l’ONU pour le Sahara, Horst Köhler, vient d’adresser une invitation au Maroc, au Front Polisario, à la Mauritanie et à l’Algérie pour prendre part à des discussions en décembre à Genève. Le but est de relancer le processus onusien après des années d’échec sous la conduite de l’ancien émissaire, Christopher Ross. Alors que les invitations ont été remises aux parties concernées il y a quelques jours, les responsables s’attendent à des réponses avant le 20 octobre sachant que les discussions pourraient être programmées les 5 et 6 décembre prochain. Ces informations ont été révélées par une source diplomatique à une agence de presse internationale sous couvert d’anonymat.

La même source a précisé qu’il ne s’agit pas de négociations mais simplement de discussions alors que l’ordre du jour n’est pas encore détaillé. Il semble que Köhler s’attend aux propositions des différentes parties avant de fixer un ordre du jour final. Pour rappel, l’ancien président allemand Horst Köhler qui avait été nommé en 2017 a déjà rencontré les différentes parties en début d’année mais de manière séparée avant d’effectuer durant l’été une tournée régionale qui l’avait conduit notamment à Rabat, Laâyoune, Smara, Dakhla, Alger et Nouakchott. Après l’invitation de l’émissaire onusien, la réaction de la partie algérienne sera très suivie, elle qui a toujours répété sur tous les toits qu’elle n’est pas concernée par le dossier du Sahara.

Mais l’invitation de Köhler est venue pour mettre les Algériens devant leurs responsabilités sachant qu’ils reçoivent, entretiennent et appuient les milices du Polisario. Il faut dire par ailleurs que l’invitation onusienne arrive à un moment où les membres du Conseil de sécurité doivent adopter ce mois-ci une nouvelle résolution au sujet du dossier. Une résolution qui doit notamment prolonger le mandat de la mission onusienne au Sahara marocain, Minurso. En effet, le mandat de cette dernière n’avait été reconduit en avril dernier que pour une période de six mois alors que le Conseil de sécurité avait veillé depuis de longues années à proroger son mandat de 12 mois.

Si le Conseil de sécurité des Nations Unies sera dans les prochains jours de nouveau appelé à se prononcer sur une nouvelle prolongation de la mission, les observateurs s’attendent également à une résolution qui pourrait revoir le mode de fonctionnement même de la Minurso. Défendue notamment par les Etats-Unis d’Amérique, cette orientation devrait donner un coup d’accélérateur au processus. En attendant les prochains développements dans ce dossier qui ne vont sans nul doute pas tarder, l’émissaire onusien s’est toujours montré optimiste. Fin 2017, il avait ainsi déclaré à la presse, à l’issue d’un briefing des membres du Conseil de sécurité, qu’il est encouragé. A noter enfin que Köhler avait été président de la République d’Allemagne de 2004 à 2010 après avoir dirigé notamment le Fonds monétaire international (FMI).

Le Maroc multiplie les victoires

Alors que les séparatistes sont en difficulté, le Royaume, lui, enchaîne les victoires sur la scène diplomatique. La dernière victoire en date concerne l’accord de pêche. L’été dernier, le Collège des commissaires de l’Union européenne a adopté à l’unanimité la décision du conseil relative à la signature de l’accord agricole sous forme d’échange de lettres entre les deux parties.

Dans les détails, ladite décision confirme que l’ensemble des produits originaires du Maroc, y compris ceux originaires du Sahara, bénéficie des préférences tarifaires convenues dans le cadre de l’Accord d’association conclu entre le Royaume du Maroc et l’Union européenne. Ainsi, les produits de la région du Sahara seront inclus dans l’accord sans aucune possibilité de doute. Ce n’est pas tout.

La Commission européenne reconfirme dans ce document que le Maroc est un partenaire majeur et estime que son partenariat avec le Royaume est enrichissant et pluridimensionnel.

Rencontre de Lisbonne

Une délégation marocaine avait rencontré en mars dernier Horst Köhler, envoyé personnel du secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara marocain, à Lisbonne.

Conduite par Nasser Bourita, ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, la délégation comprenait également Omar Hilale, représentant permanent du Royaume du Maroc auprès des Nations Unies, Sidi Hamdi Ould Errachid, président de la région Laâyoune-Sakia El Hamra, et Ynja Khattat, président de la région Dakhla-Oued Eddahab.

Un communiqué du ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale avait expliqué que la délégation marocaine est guidée par les fondamentaux de la position nationale tels que soulignés dans le discours de Sa Majesté le Roi Mohammed VI à la Nation, à l’occasion de la commémoration du 42ème anniversaire de la Marche Verte, le 6 novembre 2017.

Rôle de l’UA

La fin de la politique de la chaise vide au sein de l’Union africaine a été payante pour le Maroc. Le rapport de l’Union africaine sur le Sahara marocain  soumis aux chefs d’Etat participant au dernier sommet de l’UA organisé à Nouakchott a marqué, selon tous les observateurs, une «avancée substantielle du Maroc sur la question nationale».

En effet, le document consacre la primauté du processus onusien dans la gestion de la question du Sahara marocain. Le rapport de Moussa Faki, président de la commission de l’UA, a, en outre, insisté sur les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies en tant qu’unique référence dans le traitement de la question.

Le rapport a permis aussi de dessaisir d’autres organes de l’Union, notamment le Conseil de la paix et de la sécurité (CPS), du traitement du dossier. Ce dernier était parfois pris en otage par certains adversaires du Maroc pour adopter des positions hostiles.

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