20 ans pour l’assassin d’un collégien

20 ans pour l’assassin d’un collégien

Après plusieurs mois d’instruction judiciaire, l’affaire du carnage au collège Amrou Alem, l’ancien collège Takaddoum à Rabat, a tiré à sa fin. Les magistrats de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Rabat ont rendu leur verdict à l’encontre de l’accusé, présumé coupable d’avoir poignardé à mort un jeune lycéen âgé à peine de 16 ans et d’avoir gravement blessé un autre jeune du même âge. Au moment des faits, le blessé avait été admis aux urgences dans un état comateux qui avait suscité une opération chirurgicale au coeur. Et même si la victime ne peut plus continuer ses études, l’opération était d’une grande réussite. Au cours de la dernière audience qui s’est tenue récemment à la Cour d’appel, la défense de l’accusé a plaidé pour requalifier la poursuite d’homicide volontaire aux coups et blessures ayant entraîné la mort. L’accusé n’avait nullement l’intention de tuer et il ne s’agit pas d’une agression qui a tourné au drame. Selon la défense, c’est une simple affaire d’une bagarre entre adolescents qui a eu malheureusement une fin tragique. Pour le substitut du procureur général, il s’agirait apparemment d’un meurtre prémédité et d’une tentative de meurtre accomplie suite à un dessein réfléchi. L’accusé n’avait pas seulement l’intention de tuer, il avait calculé d’avance l’exécution des deux délits. Un réquisitoire qui qualifie l’affaire d’assassinat, donc susceptible d’une condamnation allant jusqu’à la peine de mort et une plaidoirie qui demande aux magistrats de juger l’accusé selon l’article relatif à l’homicide involontaire dont la condamnation ne dépasse pas les dix ans de réclusion criminelle. Pour mieux situer les poursuites judiciaires dans cette affaire qui avait bouleversé les habitants de Rabat, le jury a fait appel au témoignage d’une jeune lycéenne présente au moment de la tragédie. El Mahdi en l’occurrence, la victime qui a été tuée est né en 1987 à Rabat. Il poursuit ses études au collège Amrou Alem où il est inscrit à la 9ème 19. Reconnu par ses professeurs comme étant un brillant élève, Al Mahdi n’a jamais redoublé une seule fois de classe que ce soit au primaire ou bien au secondaire. Le jour de sa mort, il venait juste de quitter le collège à 18 heures accompagné de sa petite copine de classe. C’était un vendredi, le dernier jour de la semaine scolaire. Ce jour-là , un ancien élève de sa classe qui avait été renvoyé après avoir doublé à deux reprises la même classe, l’attendait à la sortie du collège. Malgré son expulsion, il a gardé une bonne relation avec Al Mahdi. Ils sont des amis d’enfance qui ne se sont jamais perdus de vue et à chaque fin de semaine, ils se rencontrent en guise de souvenir des bons moments passés ensemble et aussi au nom de l’amitié qu’ils partagent. Quelques dizaines de mètres plus loin, plus exactement au moment de leur arrivée aux alentours de la maudite place réservée à la vente des fruits secs durant les fêtes religieuses, devenue un lieu de prédilection pour les délinquants de tous bords, la copine d’Al Mahdi se fait aborder par un jeune gaillard équipé d’une arme blanche. Ce dernier qui était sous l’effet de psychotropes voulait absolument que ladite fille le suive. Après plusieurs tentatives de le raisonner, Al Mahdi décide d’intervenir et sera touché par un coup de couteau en plein coeur. En voyant son ami dans un état sanguinaire, Yassin essaye d’intervenir et reçoit à son tour un coup directement en poitrine. Il est décédé sur le coup et son ami a été transporté à l’hôpital dans un état comateux. Le meurtrier a été arrêté pendant qu’il s’apprêtait à quitter Rabat par Aïn Khaluiya un petit patelin de la banlieue. De l’identification, il a été révélé que le mis en cause avait déjà été condamné pour deux délits d’agression à l’arme blanche. Après délibération, l’auteur de ce carnage a écopé de 20 ans de réclusion criminelle.

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