2007 : La gauche radicale tentée par les urnes

2007 : La gauche radicale tentée par les urnes

Le Parti de l’avant-garde démocratique socialiste (PADS) et Annahj Addimocrati (la Voie démocratique), deux formations d’extrême gauche, pourraient être les invités-surprises du scrutin de 2007. Les partis dirigés par Me Ahmed Benjelloun et Abdellah El Hourrif sont en effet traversés, actuellement, par un large débat autour de la participation aux prochaines élections. Le PADS, qui tenait une rencontre récemment à Mohammédia, a été le premier à initier le débat au sein de ses militants surtout qu’une large frange de ces derniers, selon des sources internes, estiment qu’il était temps d’être à "la hauteur du contexte politique" actuel en se (re) lançant dans le processus électoral. C’est ce qu’explicite un membre du secrétariat régional de Rabat en affirmant que "la décision du boycott a fait son temps" et qu’il faut tenir compte, à la fois, des "aspirations du peuple marocain" et de l’"évolution générale". "Il faut aussi tenir compte de la menace islamiste", ajoute notre source.  Me Ahmed Benjelloun, interrogé par ALM, affirme qu’"il faut préciser que le PADs était contre les élections par principe", mais pour "des circonstances politiques connues de tout le monde". Le secrétaire général du PADS, qui affirme que ce débat autour de la participation aux élections ne date pas d’hier, ajoute que la décision finale reviendra aux militants de ce parti qui se donnent rendez-vous pour les réunions et du comité central et du conseil national les 8 et 9 juillet 2006. Cette décision devrait être prise à l’unanimité, insiste Ahmed Benjelloun pour qui la question doit être tranchée via un "débat objectif et de fond". Le PADS boycotte les élections depuis le scrutin du 30 juin 1983. Le même débat autour de la participation aux élections législatives de 2007 fait l’actualité chez les militants d’Annahj Addimocrati de Abdellah El Hourrif. Il avait accaparé encore une fois les travaux du conseil national tenu par ce parti dimanche 11 juin 2006. Selon des sources internes, les instances de ce parti dans le nord du Maroc plaident pour la participation au scrutin de 2007. Ces derniers, entre autres militants de ce parti, estiment eux aussi que les conditions politiques ont changé et que le boycott du processus électoral n’a plus de raison de perdurer. Après une journée de houleux débats, il a été décidé de trancher la question lors de la tenue du prochain conseil national programmé dans les quelques semaines à venir. Selon des sources de la gauche non gouvernementale, le débat au sein d’Annahj Addimocrati a gagné en intensité après les "informations" sur un éventuel changement de cap du PADS.
Ces deux formations pourraient constituer, aux côtés du PSU (Parti socialiste unifié) et de "Fidélité à la démocratie", un bloc susceptible d’avoir son mot à dire lors des prochaines élections même si le Code électoral (notamment le seuil de 5 % et le scrutin de liste) leur serait défavorable pour une grande partie.

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